L’OPC surveille de près le dossier TravelBrands

Dans ses démarches, TravelBrands a invoqué un contexte de forte concurrence — nommant au passage des joueurs comme Vacances Air Canada, Transat, Vacances WestJet et Sunwing.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Dans ses démarches, TravelBrands a invoqué un contexte de forte concurrence — nommant au passage des joueurs comme Vacances Air Canada, Transat, Vacances WestJet et Sunwing.

L’Office de la protection du consommateur (OPC) « suit de près » les événements survenus chez TravelBrands, le spécialiste du voyage qui fonctionne sous la protection de la Cour supérieure de l’Ontario depuis maintenant deux semaines.

Un porte-parole de l’organisme gouvernemental a indiqué que la direction de TravelBrands, qui exploite les agences de voyages des magasins Sears et la bannière Sunquest, a rencontré ses représentants à la fin du mois dernier.

« L’OPC n’a eu connaissance d’aucune irrégularité dans les opérations courantes de l’entreprise jusqu’à présent, a précisé dans un courriel le porte-parole de l’organisme, Charles Tanguay. Les clients de l’agence n’ont pas à communiquer avec l’Office à ce stade-ci, puisque les services touristiques achetés sont honorés. »

« Les voyageurs qui font affaire avec une agence de voyages titulaire d’un permis du Québec sont protégés par le cautionnement versé par l’agence et par le Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyage », a ajouté M. Tanguay.

Au 15 mai dernier, les liquidités en fiducie détenues par TravelBrands atteignaient 15,5 millions, selon les documents déposés en Cour par le contrôleur financier KPMG. L’argent comptant à l’extérieur de la fiducie se chiffrait à 4,6 millions. Pour l’année financière se terminant le 31 octobre 2014, les revenus étaient d’environ 1 milliard, mais l’entreprise a enregistré une perte de 4,9 millions. Cette année, la perte appréhendée est de 11,6 millions.

Dans ces mêmes documents, KPMG a indiqué que la société s’occupe des agences dans 88 succursales Sears. La semaine dernière, Sears Canada a précisé dans ses états financiers trimestriels que 21 de ces magasins sont au Québec.

Dans ses démarches, TravelBrands a invoqué un contexte de forte concurrence — nommant au passage des joueurs comme Vacances Air Canada, Transat, Vacances WestJet et Sunwing — et la place grandissante occupée par des sociétés comme Orbitz et Expedia. L’entreprise tente principalement de revenir sur l’entente qui la lie à Sears et sur un bail coûteux concernant un édifice torontois. Un processus de vente n’est pas exclu non plus.

Sears évalue l’impact

TravelBrands s’appelait auparavant Thomas Cook Canada. La compagnie a changé de nom en 2013 lorsque la société Red Label, qui exploite la marque Red Tag, en a fait l’acquisition. Elle compte un peu moins de 1000 employés au Canada, dont environ 200 au Québec. Du millier d’employés, environ le tiers est consacré aux agences Sears.

« L’entreprise évalue actuellement l’impact de la protection de la Cour supérieure sur l’entente que nous avons avec TravelBrands et sur la somme nette d’environ 5,3 millions qui nous est due en date du 2 mai », a écrit Sears Canada dans le rapport de gestion accompagnant ses états financiers.

Lorsque TravelBrands s’est tournée vers la Cour supérieure le 27 mai afin de se mettre à l’abri de ses créanciers, elle a publié un communiqué pour affirmer que la démarche n’a aucun impact sur la clientèle et les activités. « Nos marques de gros et de détail poursuivent leurs activités et absolument aucun changement ne sera apporté au service et au soutien que nos clients s’attendent à recevoir de nous », a déclaré le chef de la direction, Frank DeMarinis. Il est aussi vice-président de Red Label.



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