Des caisses en libre-service feront leur apparition

Dollarama a l’intention d’utiliser un système de caisses en libre-service dans ses magasins afin de réduire les files d’attente, qui peuvent être particulièrement longues lors des périodes de pointe saisonnières, et prévoit que la plupart de ses magasins compteront au moins deux de ces appareils mobiles d’ici l’an prochain.

Certains établissements obtiendront leurs appareils plus tard cette année, après l’installation de réseaux Wi-Fi, principalement pour simplifier les activités d’inventaire pour les employés, a expliqué le détaillant. « Nous pouvons traiter les transactions réglées par cartes de débit et réduire les files d’attente, particulièrement pendant les périodes plus occupées, comme à l’Halloween et à Noël », a fait valoir mercredi le directeur financier Michael Ross, à la suite de l’assemblée annuelle des actionnaires de Dollarama.

Même si certains détaillants américains comme Nordstrom utilisent déjà de tels appareils, l’analyste Brian Yarborough, de la firme Edward Jones, note que Dollarama se retrouvera à la fine pointe de la technologie parmi les magasins à un dollar, un élément qui pourrait faire grimper encore davantage ses ventes. « Cela va définitivement augmenter son potentiel pour calmer les clients qui deviennent irrités lorsqu’ils ne peuvent pas avoir accès à quelqu’un pour régler leurs achats », a-t-il estimé lors d’un entretien.

Les résultats

Le plus grand détaillant à bas prix au Canada a par ailleurs surpassé les attentes des analystes avec ses plus récents résultats. Le bénéfice net de Dollarama a bondi de près de 22 % à 64,8 millions au premier trimestre. Le bénéfice par action s’est chiffré à 50 ¢, en hausse par rapport à celui de 39 ¢ de l’an dernier. Les analystes s’attendaient pour leur part à un bénéfice par action de 47 ¢, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.

Les ventes ont grimpé de près de 13 % à 566,1 millions, tandis que celles des magasins ouverts depuis au moins un an ont gagné 6,9 %. Dollarama a ouvert 17 nouveaux magasins au cours du trimestre clos le 3 mai, portant leur total à 972 établissements. La société s’attend à ouvrir son 1000e magasin cet automne et prévoit en compter environ 1400 d’ici quelques années.

L’entreprise établie à Montréal a en outre noté que la pression émanant de la vigueur du dollar américain la forcerait éventuellement à hausser ses prix au-delà de son maximum actuel de 3 $. Mais le chef de la direction, Larry Rossy, ne s’attend pas à ce que cela survienne cette année, ni peut-être même l’année prochaine. « Si nous allons au-dessus de 3 $, je ne crois pas que nous voulons aller au-dessus de 4 $», a-t-il laissé tomber plus tard, lors d’une conférence téléphonique pour discuter des résultats, refusant toutefois d’écarter cette possibilité.

Plus de 73 % des ventes du détaillant provenaient d’articles vendus à plus de 1 $ au cours du trimestre, alors que cette proportion était à 62 % à la même période l’an dernier.

Selon M. Rossy, il est de plus en plus difficile de trouver des articles qui peuvent être vendus à 1 $, compte tenu des taux de change. M. Yarborough croit que la chaîne peut ajouter plus de produits à 2,50 $ et 3 $, mais qu’elle devra éventuellement aller jusqu’à 4 $, 5 $ ou plus encore, comme plusieurs chaînes américaines qui exigent jusqu’à 10 $ pour certains articles.

Cependant, en vendant des articles à des prix toujours plus élevés, Dollarama s’expose à devoir livrer une concurrence à de plus grands détaillants comme Walmart. « Il n’y a pas beaucoup de concurrence dans cet environnement de prix à 1 $ ou 2 $, mais plus on grimpe, plus on commence à se heurter à de nouveaux concurrents », a fait remarquer M. Yarborough.