La Banque Scotia mesure ses ambitions en Amérique latine

La Banque Scotia n’a pas l’intention d’étendre son empreinte actuelle en Amérique latine, même si elle décidait de réaliser d’autres acquisitions, a indiqué vendredi le chef de la direction de l’institution financière aux analystes et aux investisseurs.

« Vous n’allez pas nous voir planter un nouveau drapeau dans un autre pays ou mettre 5 milliards pour obtenir 10 % d’une banque dans tel ou tel pays », a affirmé Brian Porter lors de la conférence téléphonique pour discuter des résultats du deuxième trimestre de la banque. « Cela n’a pas de sens pour nous. »

Un certain nombre de grandes institutions financières ont culbuté après s’être trop décentralisées, font maintenant face à une pression accrue de la part des autorités réglementaires et cherchent à sortir de certains marchés, a noté M. Porter. La Scotia espère pouvoir éviter ces écueils en se concentrant sur le Canada et sur les pays de l’Alliance du Pacifique, soit le Mexique, le Pérou, le Chili et la Colombie.

L’Alliance du Pacifique est la « sixième plus grande économie au monde », a expliqué M. Porter, avec un âge moyen de 29 ans. En comparaison, l’âge moyen de l’Amérique du Nord est de 39 ans. « La classe moyenne est en croissance, et nous aimons cela », a-t-il indiqué.

Des profits cumulés de 8,48 milliards

M. Porter faisait ces commentaires alors que la Scotia venait de dévoiler ses résultats financiers pour le deuxième trimestre. La Scotia était la dernière des six grandes banques canadiennes à dévoiler ses résultats. Ensemble, les grandes institutions financières — qui comprennent aussi la Banque Royale, la Banque de Montréal, la Banque TD, la Banque CIBC et la Banque Nationale — ont vu leur bénéfice net cumulatif grimper à 8,48 milliards, par rapport à 7,74 milliards au deuxième trimestre de l’an dernier.

Le profit de la Scotia a grimpé de 2 % à son plus récent trimestre, la banque ayant bénéficié de la croissance des prêts aux consommateurs et aux entreprises, ainsi que des résultats de sa division de gestion du patrimoine. Le bénéfice net s’est établi à 1,8 milliard, soit 1,42 $ par action, ce qui était relativement stable par rapport à l’an dernier, alors qu’il avait été de 1,39 $ par action. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires a atteint 1,73 milliard contre 1,7 milliard un an plus tôt. Sur une base ajustée, le résultat était équivalent à 1,43 $ par action.

Selon John Aiken, de Barclays, la branche internationale de la banque a connu un trimestre « solide », puisqu’elle a profité de la faiblesse du dollar canadien. Ses résultats ont gagné 5 % par rapport au deuxième trimestre de l’an dernier.

Les activités bancaires canadiennes ont affiché un bénéfice net de 829 millions, une augmentation de 6 millions par rapport à l’an dernier, grâce à la croissance des actifs et des dépôts. Les activités de gestion du patrimoine ont généré des profits de 824 millions, en hausse de 77 millions par rapport à l’an dernier, grâce à de meilleurs revenus.

L’analyste Jim Shanahan, de la firme Edward Jones, a qualifié les résultats de la Scotia de « pas mal bons », mais selon lui, certaines faiblesses pointent à l’horizon. « Compte tenu des perspectives de faible croissance des revenus, ces équipes de direction doivent être plus agressives en ce qui a trait aux dépenses », a expliqué M. Shanahan dans un courriel. « Autrement, si les coûts du crédit grimpent, même modérément, la plupart des grandes banques canadiennes vont avoir de la difficulté à atteindre leurs cibles de rendement. »