Un bond de 21 % en 2003 - La montée du huard est l'événement de l'année 2003 en économie

Toronto - Pour certains, ce fut une bonne nouvelle. Pour d'autres, un désastre. La vigueur du huard face à la devise américaine a été l'événement marquant de l'économie canadienne en 2003, selon un sondage réalisé par la Presse canadienne et NTR auprès des directeurs de l'information des quotidiens et diffuseurs.

«La montée du huard est l'événement de l'année en raison de ses effets sur l'économie et sur l'emploi, a commenté le rédacteur en chef de la section affaires du Waterloo Region Board, Don McCurdy. Aucune autre nouvelle n'a eu autant de répercussions sur les Canadiens en 2003.»

La vigueur du dollar canadien a été choisie par 24 des 61 rédacteurs en chef ayant participé au scrutin.

Le dollar canadien, qui ne valait que 63,39 ¢US à la fin de 2002, a fait un bond à 73,13 ¢US, une hausse de 21 %, un sommet historique.

Air Canada

La décision de la compagnie Air Canada de se placer sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers a terminé au deuxième rang. «La société aérienne nationale du Canada est venue à un cheveu de ne plus exister, a mentionné le rédacteur en chef adjoint du Calgary Herald, Lorne Motley. En raison de la restructuration, une nouvelle compagnie naîtra et plus rien ne sera comme avant. Il reste à voir si c'est une bonne chose.»

Neuf rédacteurs en chef, travaillant surtout dans des petites villes de la Colombie-Britannique, du nord de l'Ontario ou des provinces maritimes, ont opté pour les problèmes de l'industrie forestière. Pour ce secteur de l'économie, l'année 2003 a été marquée par des pertes d'emploi, des fermetures d'usine et un marché au ralenti résultant de la faible croissance économique en Amérique du Nord, de la montée du dollar canadien et du conflit du bois d'oeuvre. «En plus des torts subis par les familles et collectivités à travers le Canada, les droits imposés par les États-Unis sur le bois d'oeuvre ont nui aux relations commerciales entre nos deux pays et pourraient avoir des répercussions à long terme.»

La montée du huard a fait les manchettes des journaux tout au long de l'année, entre autres à cause des pertes subies par les sociétés forestières et les autres exportateurs. Les sociétés canadiennes ont été moins concurrentielles sur les marchés américains parce que les prix de leurs produits ont augmenté. La valeur du dollar canadien est une donnée fondamentale pour les sociétés dont 80 % des ventes se font aux États-Unis.

Mais le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres. Dans ce cas-ci, la montée du huard a souri aux consommateurs canadiens, les produits importés ayant coûté moins cher. La vigueur du huard a aussi permis à la Banque du Canada de maintenir son taux directeur à un niveau peu élevé, favorisant le marché immobilier et d'autres secteurs économiques, et ce, malgré le SRAS, la guerre en Irak, la maladie de la vache folle, les feux de forêt, la panne d'électricité en Ontario et l'ouragan Juan.

La pauvre devise américaine a aussi été malmenée par l'euro, le yen, le rand sud-africain, le dollar néo-zélandais et même le real brésilien et le peso chilien. Et ce n'est pas fini. Selon les économistes, le huard canadien devrait atteindre les 80 ¢US en 2004 en raison des déficits budgétaire et commercial, qui atteignent quotidiennement 1,4 milliard.