La nouvelle légitimité du bitcoin

Le patron du New York Stock Exchange, Thomas Farley
Photo: Rob Kin Agence France-Presse Le patron du New York Stock Exchange, Thomas Farley

Le bitcoin a traversé des moments éprouvants en 2014, a survécu et profite maintenant d’une vitrine très officielle en plein coeur de Wall Street : la Bourse de New York.

Dirigé depuis l’an dernier par une recrue de 38 ans dont la mission est de moderniser ce pilier de la finance américaine, le New York Stock Exchange (NYSE) a annoncé mardi qu’il afficherait désormais le cours du bitcoin, un geste qui, pour certains, semblait peut-être inévitable. Pour d’autres, la reconnaissance est immense et le bitcoin pourrait, une fois pour toutes, devenir la référence des nouvelles devises numériques.

« Rapidement, les valeurs du bitcoin sont en train de devenir de l’information suivie par nos clients au moment où ils songent à transiger, négocier ou investir dans cette catégorie d’actifs, a affirmé le président de la Bourse, Thomas Farley. Nous sommes heureux de pouvoir amener de la transparence à ce marché. »

Dans les réseaux sociaux, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre.

Propriété de l’Intercontinental Exchange depuis 2013, la Bourse de New York compte d’abord utiliser l’information provenant de la plateforme Coinbase pour établir la valeur du bitcoin, mais évoque déjà le recours éventuel à un certain nombre d’autres sources « qui ont été évaluées et répondent aux normes de qualité de la Bourse ».

Une fois par jour, à 11 h, le NYSE va donc publier le cours du bitcoin — sous l’indice NYXBT — selon ses propres calculs, après avoir vérifié au préalable « l’intégrité des données afin de produire une valeur objective et juste ».

La valeur du bitcoin a déjà atteint 1000 $US, mais une série de déboires en 2014 l’a fait dégringoler à 600 $ en quelques mois seulement. Mardi, l’indice NYXBT de la Bourse de New York la situait à environ 233 $.

Des sites comme Bitcoin Magazine ont estimé que l’annonce donne au bitcoin une « nouvelle légitimité ». Aux yeux de plusieurs, il y a là une indication supplémentaire démontrant l’intérêt grandissant des établissements financiers pour la devise virtuelle.

Inventés en 2009, les bitcoins voient le jour grâce à des « mineurs ». Ceux-ci appartiennent à une communauté de gens dont les ordinateurs résolvent des équations mathématiques. On peut également les acheter en ligne ou à l’aide d’un guichet automatique dédié.

Il y a actuellement environ 14,2 millions de bitcoins en circulation. Lorsque le cycle sera complété, sans aucun encadrement des autorités réglementaires, il y en aura 21 millions.

Deuxième fois

 

La Bourse de New York n’en est pas à sa première valse avec le bitcoin. En janvier, elle s’est jointe à un groupe d’investisseurs qui a engouffré 75 millions dans Coinbase, une plateforme de négociation qui agit aussi comme portefeuille numérique. À l’époque, le président de la Bourse avait évoqué les perspectives du bitcoin. « Grâce à cet investissement, nous entrons dans une nouvelle catégorie d’actifs avec une plateforme qui fournit transparence, sécurité et confiance à un marché en croissance,avait dit M. Farley. Nous sommes heureux de pouvoir soutenir la croissance de Coinbase avec notre réseau mondial et notre connaissance du marché. »

Les rondes de financement déployées par les entreprises spécialisées dans le bitcoin attirent les gros canons de la finance. Goldman Sachs, par exemple, a récemment participé à un tour du chapeau fait pour le compte de la société Circle. Goldman a écrit au mois de mars 2015 que le bitcoin, pierre angulaire d’une « mégatendance », avait le potentiel de reconfigurer la mécanique des transactions financières.

Lundi, la société 21 Inc., qui aurait amassé des capitaux de 115 millions auprès d’un groupe d’investisseurs avertis, a affirmé qu’elle compte fabriquer des puces spéciales qui pourront être intégrées aux téléphones afin de pouvoir « miner » des bitcoins.



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