Québecor continue d’acheter des licences ailleurs

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Tout en affirmant que ses plans d’expansion du sans-fil ailleurs au Canada sont toujours à l’étude, Québecor a déboursé 187 millions pour acquérir 18 licences d’exploitation lors des enchères de spectre du gouvernement fédéral.

Industrie Canada a indiqué mardi que sa dernière vente — 302 licences dans la bande de 2500 MHz, idéale pour les besoins de rapidité — s’est élevée à 755 millions. Bell et Rogers étant limitées dans leurs acquisitions en raison des enchères passées, Telus s’est révélé le principal joueur, à 479 millions.

C’est la deuxième fois que la société mère de Vidéotron émerge d’une vente aux enchères avec des licences pour des marchés dans les autres provinces. À l’hiver 2015, lors des enchères de la bande SSFE-3, l’entreprise a mis sur la table 233 millions pour du spectre couvrant environ 80 % de la population canadienne.

« En ce qui concerne les licences acquises au Canada anglais, les différentes options que nous analysons nous offrent des perspectives de rendement fort intéressantes compte tenu de la valeur importante de cet actif stratégique », a dit dans un communiqué le président de Québecor, Pierre Dion. Les licences sont situées notamment à Vancouver, à Edmonton, à Calgary, à Toronto, à Ottawa et dans plusieurs centres du Québec, dont les grandes villes.

« Avec discipline et patience, nous continuons d’analyser nos options, étant entendu que les conditions financières et/ou opérationnelles doivent s’inscrire dans des paramètres acceptables », a ajouté M. Dion.

Québecor a déjà laissé entendre qu’une des conditions qui la convaincraient de lancer un service sans fil dans les autres provinces est liée aux tarifs d’itinérance que les entreprises titulaires — Bell, Rogers et Telus — facturent aux autres. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a récemment exprimé son intention de réglementer ces tarifs.

Bell et Rogers ont respectivement dépensé 30 millions et 24 millions pour augmenter leur spectre total de 5 % et 4 %. Chez Vidéotron, l’augmentation de spectre se chiffre à 28 %, comparativement à 37 % chez Telus.

Bas prix

La marge de manoeuvre limitée de Bell et de Rogers a entraîné une pression à la baisse sur les prix, selon un analyste de Valeurs mobilières Desjardins. « Le coût moyen de chaque MHz de spectre a été beaucoup plus bas que lors des enchères de la bande SSFE-3 [en février 2015, qui ont rapporté 2,1 milliards] », a écrit Maher Yaghi. « C’était prévisible, étant donné que Bell et Rogers ne pouvaient pas faire d’offre dans plusieurs régions en raison de leur spectre déjà abondant dans la bande de 2500 MHz. »

Le gouvernement fédéral rêve depuis des années qu’un quatrième joueur d’importance puisse prendre racine dans toutes les régions du pays. Les trois grands contrôlent environ 90 % du marché canadien dans son ensemble. Quelques nouveaux joueurs ont tenté leur chance, mais les succès n’ont pas été fracassants : Public Mobile a été achetée par Telus et Mobilicity fonctionne sous protection des tribunaux.

Wind Mobile, de son côté, a récemment été rachetée par des investisseurs, y compris son fondateur. L’entreprise torontoise s’était qualifiée pour participer à la vente aux enchères, mais a été incapable d’acquérir des licences. Il a été impossible d’obtenir ses commentaires.

Xplornet, un fournisseur d’accès Internet rural basé au Nouveau-Brunswick, a payé 25 millions pour des licences dans presque toutes les provinces. Du coup, l’augmentation du spectre détenu bondit de 62 %.

En ce qui concerne les licences acquises au Canada anglais, les différentes options que nous analysons nous offrent des perspectives de rendement fort intéressantes compte tenu de la valeur importante de cet actif stratégique. Avec discipline et patience, nous continuons d'analyser nos options, étant entendu que les conditions financières et/ou opérationnelles doivent s'inscrire dans des paramètres acceptables.

2 commentaires
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 13 mai 2015 15 h 25

    Du charabia...

    Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué...
    C'est ce que j'ai retenu de tout ce texte plus haut...et sûrement pas la seule à trouver ça compliqué. La preuve...à 15h30 je suis à écrire mon commentaire et semble être la première.
    Y'a-t-il un mode de compréhension pour les nuls qui vient avec tout ça...ou un site internet ...j'apprécierais.
    Après tout, ce n'est pas parce qu'on n'a plus vingt ans qu'on ne peut pas retourner sur les bancs... d'école.

    • Gilles Gagné - Abonné 13 mai 2015 21 h 22

      Ce n'est vraiment pas facile de simplifier puisqu'il s'agit de données techniques et sur ce lien il faut être un spécialiste des télécoms pour comprendre: https://www.ic.gc.ca/eic/site/smt-gst.nsf/fra/sf09318.html

      En somme cette chasse aux spectres est l'affaire des grands fournisseurs et comme consommateurs nous sommes simplement des proies convoitées sans vraiment droit de parole quant à la qualité du service.