Rona ne craint pas la concurrence de Lowe’s

Robert Sawyer: «Nous étions intéressés par deux sites [récupérés] par Lowe’s, mais le prix du loyer était trop élevé.»
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Robert Sawyer: «Nous étions intéressés par deux sites [récupérés] par Lowe’s, mais le prix du loyer était trop élevé.»

Même si le quincaillier Rona a mis la main sur le bail d’un ancien Target Canada, il n’a pas l’intention d’utiliser la même stratégie que son concurrent Lowe’s pour accroître sa présence dans le reste du pays.

L’entreprise québécoise était intéressée par six emplacements, mais s’est finalement contentée de récupérer le bail d’un établissement situé à Chilliwack, en Colombie-Britannique, afin de relocaliser un magasin existant.

Questionné par un actionnaire à ce sujet, mardi, lors de l’assemblée annuelle de Rona, à Boucherville, le président et chef de la direction, Robert Sawyer, a expliqué que l’expansion devait être disciplinée. « Nous ne sommes pas une organisation comme Lowe’s avec les poches profondes, a-t-il dit. Nous étions intéressés par deux sites [récupérés] par Lowe’s, mais le prix du loyer était trop élevé. »

Le géant américain avait annoncé lundi le rachat de 13 baux de Target Canada ainsi qu’un centre de distribution pour 151 millions afin d’étendre sa présence au pays. Presque la moitié de ces établissements se trouvent en Ontario, alors que les autres sont situés en Colombie-Britannique, à Calgary ainsi qu’à Regina. Ces magasins s’ajouteront aux 38 ouverts depuis 2007 par l’entreprise américaine en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique.

La direction de Rona continue d’avoir l’oeil sur certains de la cinquantaine de baux de Target Canada retournés à leurs propriétaires, mais elle souligne que plusieurs établissements sont trop grands pour les besoins de l’entreprise. « Il s’agit de sites de 100 000 à 120 000 pieds carrés, a expliqué le directeur financier, Dominique Boies. Un Réno-Dépôt, c’est souvent 80 000 pieds carrés. C’est difficile à cadrer dans notre modèle d’affaires. »

M. Sawyer ne s’est pas montré préoccupé de voir Lowe’s accroître sa présence au pays, ce qui devrait rendre la concurrence encore plus féroce avec d’autres détaillants comme Home Depot ou Canadian Tire. « Au Québec, nous avons des concurrents aussi agressifs, sinon plus, que Lowe’s, a dit le dirigeant du quincaillier. Ils sont présents partout sauf au Québec. Nous sommes habitués de les concurrencer. »

Il y a quelques années, Lowe’s avait manifesté son intérêt pour mettre la main sur Rona, mais cela ne s’était finalement pas concrétisé. Depuis, il n’y a pas eu d’autres approches, a indiqué la direction de Rona.

 

Son président du conseil d’administration, Robert Chevrier, a répété que l’entreprise n’était pas à vendre, ajoutant que la direction préférait se concentrer à améliorer la performance financière, ce qui a contribué à faire bondir l’action 47,5 % depuis un an. « Honnêtement, à moins que ça soit un prix inespéré, moi je pense que les actionnaires sont satisfaits [de la] croissance du titre », a-t-il expliqué aux journalistes.

Quant à la performance du premier trimestre, M. Sawyer s’est réjoui de constater une progression des ventes comparables en dépit de mois d’hiver marqués par un froid mordant. Les revenus du quincaillier ont progressé de 1,9 % pour s’établir à 778,8 millions, alors que les ventes des établissements ouverts depuis au moins un an ont bondi de 5 %.

De plus, la perte nette de Rona a reculé, passant de 16,5 millions, ou 14 ¢ par action, à 11,7 millions, ou 11 ¢par action. Sur une base ajustée, la perte a été de 11,2 millions, ou 10 ¢ par action par rapport à 14,4 millions, ou 12 ¢ par action, à la même période l’an dernier.

« Pour nous le premier trimestre c’est un petit trimestre », a rappelé M. Sawyer.

Le dirigeant de Rona s’est toutefois réjoui de l’arrivée du beau temps au cours des dernières semaines, ce qui, à son avis, devrait inciter les consommateurs à magasiner pour entreprendre des projets à l’extérieur. « On entre dans [notre] a affirmé M. Sawyer. Les dernières semaines, c’est extraordinaire. On voit l’humeur des consommateurs. Ils ont hâte d’aller travailler sur leur terrain. »