Pages Jaunes pense avoir rassuré les actionnaires

L'entreprise Pages Jaunes a amorcé sa transition vers le secteur numérique. 
Photo: Olivier Zuida Le Devoir L'entreprise Pages Jaunes a amorcé sa transition vers le secteur numérique. 

Pages Jaunes a encore du pain sur la planche avant de compléter son redressement, mais après un peu plus d’un an en poste, son président et chef de la direction, Julien Billot, croit avoir réussi à rassurer les actionnaires et le marché.

À la barre de l’entreprise montréalaise depuis janvier 2014, M. Billot a rapidement implanté une transition vers le secteur numérique, qui, au premier trimestre, représentait 55 % du chiffre d’affaires total. « Je pense qu’on a fait beaucoup de progrès là-dessus, a-t-il dit, vendredi, en marge de l’assemblée annuelle. Cela fait maintenant trois trimestres qu’on offre de bons résultats ainsi qu’une croissance du numérique. »

« C’est quelque chose d’important pour nous et nous voulons améliorer la façon dont fonctionne l’entreprise », a commenté M. Billot à propos de sa stratégie de retour à la croissance, prévue en 2018. Le dirigeant de Pages Jaunes a toutefois reconnu que l’entreprise a encore du travail à accomplir afin de convaincre la population ainsi que les clients que l’ère de l’annuaire imprimé a cédé sa place au secteur numérique.

M. Billot a reconnu qu’il s’agissait d’un stéréotype, ajoutant toutefois que cela n’était pas nécessairement mauvais, puisque l’annuaire était une marque de confiance. « Il y a eu 100 ans dans l’imprimé et trois ans de numérique. On veut dire aux gens que l’annuaire continue d’exister, mais qu’il y a autre chose. On va encore investir près de 20 millions par année en publicité pour continuer à faire passer notre message. »

L’ex-haut dirigeant de la société française Solocal Group a néanmoins estimé que cette tendance était en train de changer en raison de l’intérêt de plusieurs à l’endroit des applications mobiles proposées par Pages Jaunes.

L’entreprise a également dévoilé ses résultats pour le trimestre terminé le 31 mars dernier, où son bénéfice net a fléchi d’environ 35 % pour s’établir à 25,5 millions, ou 95 ¢ par action. Les recettes ont également reculé de 7,9 %, à 205,9 millions, ce qui s’explique par la réduction du nombre total de clients, qui était de 251 000 en mars dernier, par rapport à 270 000 à la même période en 2014. Son bénéfice d’exploitation s’est chiffré à 70,8 millions.

Pages Jaunes a recruté 23 700 clients au cours du trimestre, en hausse comparativement à 16 500 au premier trimestre l’an dernier. D’après M. Billot, le nombre total de clients devrait recommencer à croître en 2017. « Nous en avons perdu 30 000 en 2013, 20 000 en 2014 et nous pensons en perdre autour de 10 000 cette année. Ce n’est pas impossible d’être près de notre objectif en 2016. »

Les analystes Aravinda Galappatthige, de Cannacord Genuity, et Haran Posner, de RBC Marchés des capitaux, ont souligné que Pages Jaunes avait notamment répondu à leurs attentes en ce qui a trait au chiffre d’affaires ainsi qu’au bénéfice d’exploitation. Dans le secteur numérique, les revenus ont progressé de 8,6 %, à 112,9 millions, alors que ceux tirés des médias imprimés ont affiché un recul de 22 % pour s’établir à 93 millions.

Avec l’approche de la saison estivale, M. Billot s’attend à ce que de plus en plus de consommateurs se tournent vers les applications mobiles de Pages Jaunes, comme celles spécialisées dans le secteur de la restauration. « Les gens vont sortir davantage, alors le trafic à l’endroit des applications devrait augmenter. »

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