La survie de TVA Sports n’est pas menacée, dit Pierre Dion

« TVA Sports est là pour rester », a martelé Pierre Dion, président et chef de la direction de Québecor, à l’occasion de l’assemblée des actionnaires, jeudi à Montréal.

Dans la documentation remise au CRTC pour faire valoir ses demandes en matière de redevances d’abonnement pour sa chaîne TVA Sports auprès de Bell, Québecor avait laissé entendre que le montant de ces redevances était crucial pour l’avenir de la chaîne spécialisée. Or, lorsqu’il a tranché, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes a penché en faveur de la position de Bell quant à ces redevances pour TVA Sports. M. Dion s’en dit « déçu » mais ne baisse pas les bras pour autant.

Il a expliqué l’apparente contradiction entre le message envoyé au CRTC et celui qu’il a livré lors de l’assemblée des actionnaires par le fait que la documentation avait été soumise au CRTC il y a plusieurs semaines, bien avant les séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey. Il a dit qu’il voulait alors bien faire comprendre au CRTC l’importance des redevances d’abonnement pour une chaîne de télévision spécialisée.

Ombre de PKP

Par ailleurs, l’ombre de l’actionnaire de contrôle de Québecor, Pierre Karl Péladeau, est revenue hanter la haute direction, bien qu’elle ait cherché encore une fois à prendre ses distances de M. Péladeau, député péquiste et candidat à la direction du Parti québécois.

« Je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai eu une rencontre avec Pierre Karl ; ça fait très longtemps », s’est exclamé M. Dion, au cours d’une rencontre avec la presse qui a suivi l’assemblée des actionnaires. « Pierre Karl n’est plus dans les affaires de l’entreprise depuis des mois et des mois. Il a très peu de contacts comme tels, a-t-il ajouté.

Il ne s’immisce pas du tout », a assuré à son tour Brian Mulroney, qui siège au conseil d’administration de Québecor.

Il a toutefois convenu que « Pierre, comme chef de la direction, exerce un certain processus de consultation de temps à autre », notamment auprès de M. Péladeau. « Il le faut, parce qu’il est actionnaire de contrôle. Parce que si le conseil d’administration décidait de vendre TVA ou de poser un geste dramatique, ça serait approprié qu’il soit consulté, parce qu’il serait appelé à voter », a dit M. Mulroney.

Baisse du bénéfice

Pour les résultats financiers, le bénéfice net de Québecor a reculé au premier trimestre de l’exercice 2015 par rapport à la période correspondante un an plus tôt. Le géant québécois des télécommunications rapporte que ce bénéfice s’est élevé cette année à 29,4 millions, ou 24 ¢ par action,?comparativement?à 39,1 millions, ou 32 ¢ par action à la même période de 2014. Ses revenus ont progressé, s’étant établis à 948,6 millions, en hausse de 5,7 % par rapport au premier trimestre de 2014.

Pierre Dion a signalé le rendement des activités du secteur Télécommunications (hausse de 5,3 % des revenus). Québecor qualifie de solides le rendement de ses services de téléphonie mobile et d’accès Internet.