L’avenir de TVA n’est pas compromis en dépit de la baisse des revenus publicitaires

À l’instar des autres diffuseurs privés, TVA est aux prises avec une baisse de ses revenus tirés de la publicité.
Photo: Martin Dubé / CC À l’instar des autres diffuseurs privés, TVA est aux prises avec une baisse de ses revenus tirés de la publicité.

Groupe TVA comptera de moins en moins sur les revenus publicitaires engrangés par sa chaîne généraliste, ce qui ne menace pas pour autant sa survie à long terme, assure sa présidente et chef de la direction, Julie Tremblay.

À l’instar des autres diffuseurs privés, TVA est aux prises avec une baisse de ses revenus tirés de la publicité, a reconnu mardi Mme Tremblay, ajoutant que la chaîne ne verra pas son rôle diminuer au sein de Groupe TVA. « On ne voit pas de danger, a-t-elle affirmé, en marge de l’assemblée annuelle. D’où vient notre stratégie pour élargir notre portefeuille pour être moins dépendants. »

La dirigeante s’exprimait au lendemain de la publication d’un rapport du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes indiquant que les chaînes privées canadiennes ont touché 117 millions de moins en revenus publicitaires en 2014. Au Québec, elles ont enregistré au total une perte de 12,1 millions au cours de cette période, alors qu’un bénéfice d’exploitation de 24,1 millions avait été dégagé en 2013.

Mme Tremblay a rappelé que c’est pour cette raison que Groupe TVA avait décidé d’acheter, au cours de la dernière année, les actifs de Vision Globale, qui comprennent notamment les Studios Mel’s, ainsi que 14 magazines de TC Transcontinental. « Le contenu des magazines est approprié dans l’univers numérique, a-t-elle observé. On sait que plus on aura du contenu diversifié, plus on va attirer les consommateurs sur nos sites. »

La présidente du Groupe TVA croit toutefois que beaucoup d’annonceurs estiment toujours que les médias traditionnels constituent toujours un véhicule publicitaire important.

Par ailleurs, Mme Tremblay attend de voir quel sera l’effet des séries éliminatoires de la LNH sur le nombre d’abonnés de TVA Sports, qui était d’environ deux millions en février. « Nous sommes les clients des télédistributeurs, alors nous n’avons pas encore les résultats des séries. Il faudra attendre au mois de juin. »

Groupe TVA estime pour le moment que la base d’abonnement de sa chaîne sportive, qui devrait être rentable dans cinq ans, n’a pas encore atteint son plein potentiel. « Le Réseau des sports a pu construire [son auditoire] sur 25 ans avec près de 23 ans de monopole faute de concurrence, a indiqué Denis Rozon, directeur financier. Deux millions d’abonnés avec seulement sept, huit mois avec la LNH, c’est un exploit. »

Grâce à l’entente de 5,2 milliards sur 12 ans signée en partenariat avec Rogers, la chaîne sportive est, depuis cette année, le diffuseur francophone officiel des matchs réguliers ainsi que des séries éliminatoires du circuit Bettman. Québecor avait indiqué, en mars dernier, que la contribution de TVA Sports dans le cadre de l’entente avec la LNH était évaluée à près de 800 millions, soit un montant annuel d’environ 65 millions.

Perte

Groupe TVA a profité de son assemblée annuelle pour dévoiler ses résultats du premier trimestre: la perte nette a bondi de 44 %, pour sechiffrer à 14,7 millions, ou 57 ¢ par action pour l’exercice se terminant le 31 mars, alors qu’elle avait été de 10,2 millions, ou 43 ¢ par action, à la même période en 2014. Ses recettes consolidées ont progressé de 20 %, à 126,5 millions. « Le premier trimestre est déficitaire, mais il est historiquement déficitaire, a souligné M. Rozon. C’est au ralenti sans le plein potentiel des revenus publicitaires. »

La perte d’exploitation ajustée consolidée a été de 7,69 millions, en hausse de 27,7 %, ce qui a été attribué principalement aux coûts de la nouvelle programmation de TVA Sports.

Dans le secteur télédiffusion et production, la perte ajustée s’est chiffrée à 8,48 millions, en hausse de 3,3 % comparativement au premier trimestre de l’exercice précédent. Du côté du secteur des magazines, le bénéfice d’exploitation a été de 938 000 $, en baisse de 57,1 %, alors que les nouvelles activités des services cinématographiques et audiovisuels ont affiché une perte d’exploitation de 146 000 $.