Québec demande à Ottawa de protéger le système

Québec presse le gouvernement Harper de réaffirmer sa défense du système de gestion de l’offre.

Alarmé par de récentes déclarations du premier ministre Stephen Harper sur les sacrifices que le Canada pourrait devoir faire dans le cadre des négociations du Partenariat transpacifique (PTP), le ministre de l’Agriculture du Québec, Pierre Paradis, rappelle le gouvernement conservateur à ses engagements. Dans une lettre qu’il envoyait lundi avec son homologue ontarien, Jeff Leal, à leur collègue fédéral, Gerry Ritz, il dit : « nos deux gouvernements vous incitent fortement à reconnaître l’importance de la gestion de l’offre et souhaitent savoir si vous avez toujours l’intention de maintenir votre position antérieure, qui consiste à soutenir les piliers clés de ce système ».

Les ministres québécois et ontarien se disent « préoccupés » notamment depuis que Stephen Harper a évoqué la question de la gestion de l’offre lors d’un discours en mars devant l’Association des municipalités rurales de la Saskatchewan. Il aurait dit que les négociations du PTP allaient placer le pays devant des choix difficiles et affirmé que « le Canada ne peut, seul, empêcher un accord qui lui déplaît ».

Les deux ministres ont sans doute aussi entendu les rumeurs voulant qu’une entente pourrait être à portée de main à condition, toutefois, que le président Barack Obama obtienne du Congrès les pouvoirs de négocier seul au nom des États-Unis jusqu’au moment où il aura une entente complète (Trade Promotion Authority).

En vigueur dans le secteur du lait, des oeufs et de la volaille, le système de gestion de l’offre repose sur des tarifs commerciaux suffisamment élevés pour opposer aux importations étrangères une barrière infranchissable protégeant un marché intérieur où les producteurs ont soumis à un système de quotas et de contrôle des prix. Ayant des défenseurs comme des opposants au Canada, ce système est relativement rare dans un monde où l’aide des gouvernements aux agriculteurs passe généralement par des subventions.

À l’initiative des États-Unis qui cherchent notamment à faire contrepoids à l’influence grandissante de la Chine, les négociations du PTP mettent en scène 12 pays des Amériques et d’Asie, dont le Japon, le Mexique, l’Australie, le Chili et le Vietnam.