Travailleurs étrangers : Québec se heurte à la résolution d’Ottawa

Il sera plus difficile d’embaucher des travailleurs étrangers. En agriculture notamment.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Il sera plus difficile d’embaucher des travailleurs étrangers. En agriculture notamment.

Le gouvernement fédéral a refusé les demandes d’assouplissements réclamées faciliter l’embauche de travailleurs étrangers temporaires au Québec, ont annoncé jeudi deux ministres québécois.

La ministre de l’Immigration Kathleen Weil a expliqué que ses demandes se sont heurtées à la résolution du ministre de l’Emploi Pierre Poilièvre, qui a maintenu ses réformes du programme de travailleurs étrangers temporaires (PTET).

Ces réformes entrent en vigueur ce jeudi, malgré les protestations du gouvernement québécois, qui avait dénoncé, il y a 10 jours, l’intransigeance et l’unilatéralisme d’Ottawa dans ce dossier.

Mme Weil avait alors réclamé une rencontre d’urgence avec M. Poilièvre, mais jeudi, la ministre est apparue devant les journalistes pour expliquer que ses demandes sont restées vaines.

Ottawa fermé

Selon la ministre, Ottawa est demeuré fermé aux demandes d’assouplissements du gouvernement québécois, qui souhaitait des modifications relatives aux spécificités de son marché du travail.

Lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale, Mme Weil a affirmé que l’intransigeance du gouvernement fédéral pourrait inciter des entreprises confrontées à une pénurie de main-d’oeuvre à quitter le Québec pour aller s’établir aux États-Unis.

« Quand nos entreprises n’arrivent pas à trouver de la main-d’oeuvre dans leurs régions, on ne vient pas les aider de quelque façon que ce soit en leur mettant des bâtons dans les roues comme le fait le gouvernement fédéral, a-t-elle dit. Nous tenons aujourd’hui à envoyer un message clair : « L’application unilatérale de cette réforme par Ottawa aura des conséquences sur notre économie, sur nos entreprises et sur notre marché du travail ». »