Le dollar américain vigoureux est moins dommageable que prévu

Dans leur ensemble, les résultats des multinationales américaines dévoilés au terme du premier trimestre évoquent les pressions exercées par la forte poussée du dollar américain.
Photo: Jewel Samad Agence France-Presse Dans leur ensemble, les résultats des multinationales américaines dévoilés au terme du premier trimestre évoquent les pressions exercées par la forte poussée du dollar américain.

La Réserve fédérale américaine et Wall Street avaient été pris de court par la rapide poussée du dollar américain. L’effet appréhendé ne s’est toutefois pas matérialisé dans sa totalité dans les résultats financiers des entreprises.

Dans leur ensemble, les résultats des multinationales américaines dévoilés au terme du premier trimestre évoquent les pressions exercées par la forte poussée du dollar américain. Mais les résultats affichés demeurent, en définitive, supérieurs aux attentes des analystes. « À l’aube de la saison de publication des résultats du premier trimestre, on appréhendait beaucoup l’effet de la vigueur du dollar américain. Maintenant que plus de 40 % des sociétés ont présenté leur rapport, les nouvelles sont encourageantes », ont écrit les analystes Stéfane Marion et Matthieu Arseneau, de la Financière Banque Nationale (FBN).

L’effet dollar a été ressenti sur les résultats de grosses entreprises américaines multinationales au premier trimestre, telles qu’IBM, Amazon, PespiCo, McDonald’s, Ford, Merck ou encore Pfizer. Mais selon Wolfgang Koester, analyste chez FiREapps — société spécialiste des devises — cité par le quotidien français Le Monde, les effets de change pourraient ne coûter qu’environ 25 milliards de dollars aux groupes américains inscrits en Bourse en matière de chiffres d’affaires.

Les analystes de la FBN situent ces performances dans un contexte boursier, les actions mondiales ayant établi de nouveaux records en avril. Malgré la distorsion provoquée par les programmes d’assouplissement monétaire quantitatif de la Banque centrale européenne et de la Banque du Japon, « toutes les grandes régions affichent des rendements positifs depuis le début de 2015 », dominées d’abord par les pays sous assouplissement monétaire, suivis au deuxième trimestre par les marchés émergents. Les gains des indices boursiers de référence depuis le début de l’année oscillent entre 3 % pour les États-Unis, 6 % pour le Canada, plus de 12 % pour les pays émergents, et près de 14 % pour l’Europe.

Le dollar prend une pause

Le dollar américain est pourtant en hausse de quelque 25 % face à l’euro sur un an, de quelque 20 % par rapport à l’ensemble des devises. Cette poussée a toutefois pris une pause, comme peut en témoigner notamment la remontée du dollar canadien à plus de 83 ¢US en fermeture mardi, une stabilisation qui n’est pas étrangère à un scénario prévoyant un report de la hausse attendue des taux d’intérêt aux États-Unis, plus tard durant l’année. La pause de l’appréciation du dollar américain « aide à stabiliser les prix des matières premières et les écarts de taux des marchés émergents », ce qui se veut « assurément une bonne nouvelle pour l’économie mondiale », peut-on lire dans la lecture mensuelle de la FBN.

Il est rappelé également que la hausse des marchés boursiers demeure encore attribuable, pour l’essentiel, à une expansion des ratios cours/bénéfice, au maintien des taux d’intérêt à des niveaux très faibles et aux perspectives d’une hausse des bénéfices des entreprises stimulée par une accélération attendue de l’activité économique aux États-Unis.

Au menu de la FED

La vigueur du billet vert est au menu de la réunion du comité monétaire de la Réserve fédérale américaine (FED), qui doit statuer sur le taux directeur mercredi. Si plusieurs membres de la FED ont soutenu avoir été surpris par la rapidité de la hausse de la devise américaine, on ne s’entend pas sur son impact, les exportations ne comptant que pour 13 % du PIB des États-Unis. Son influence sur l’inflation importée demeure toutefois à l’étude, d’autant que la faiblesse des cours pétroliers n’a pas été le levier souhaité chez les ménages préférant plutôt accroître leur épargne que leur consommation, alors que la chute des investissements énergétiques se fait sentir.

1 commentaire
  • François Dugal - Inscrit 29 avril 2015 07 h 52

    La boule

    Et que dit la boule de cristal certifiée "HEC" quand à notre avenir collectif?