Le fondateur de Parmalat placé en détention provisoire

Rome — Un juge milanais a ordonné hier le placement en détention provisoire du fondateur et ex-PDG du groupe agro-alimentaire italien Parmalat, Calisto Tanzi, au centre d'un retentissant scandale financier, selon la télévision italienne.

Interrogé par des magistrats milanais et parmesans au lendemain de son interpellation à Milan, Calisto Tanzi est poursuivi pour manipulation des marchés financiers et présentation de faux bilans aux autorités régulatrices. Il est par ailleurs soupçonné de falsification des comptes de son entreprise et de complicité de faillite frauduleuse.

L'avocat de Calisto Tanzi, Michele Ributti, a déclaré à la télévision qu'il demanderait la remise en liberté de son client ou une assignation à résidence.

Il a ajouté que Calisto Tanzi avait décrit aux magistrats son rôle et celui d'autres cadres de Parmalat dans les opérations de l'entreprise. L'avocat a affirmé qu'il n'y avait pas «d'argent manquant» dans les comptes de la compagnie, tout au plus des actifs non répertoriés. Interpellé samedi soir à Milan, Calisto Tanzi avait disparu depuis plusieurs jours. Certains disaient même qu'il avait quitté le pays alors que l'affaire prenait de l'ampleur.

Après avoir passé la nuit à la prison San Vittore de Milan, il a été interrogé par les magistrats milanais Francesco Greco et Carlo Nocerino, et les magistrats parmesans Antonella Ioffredi et Silvia Cavallari, selon les agences de presse ANSA et Apcom.

D'après l'avocat de M. Tanzi, Me Fabio Belloni, son client a été bien traité en prison. Mais il a reconnu que c'était «sûrement un moment difficile pour lui».

Calisto Tanzi, 65 ans, qui a fondé Parmalat en 1961, a dirigé le n°1 italien de l'agro-alimentaire jusqu'au début du mois de décembre. Mais il a dû quitter ses fonctions de PDG en raison de graves interrogations sur les finances du groupe.

Il figure en tête d'une liste d'une vingtaine de cadres qui font l'objet d'une enquête pour des accusations de banqueroute frauduleuse et de falsifications de documents.

Le scandale financier a éclaté la semaine dernière lorsque le groupe, qui emploie 36 000 personnes dans 29 pays, a reconnu qu'un document faisant apparaître 3,95 milliards d'euros (6,5 milliards de dollars canadiens) dans les comptes d'une filiale basée dans les îles Caïman était un faux. D'après les médias italiens, il pourrait en réalité manquer 10 milliards d'euros (16 milliards de dollars) des comptes de Parmalat après peut-être 15 ans de falsifications.

Après le dépôt de bilan mercredi, le groupe a été placé samedi en redressement judiciaire par un tribunal de commerce de Parme. Cette décision permet à la société — qui a déposé son bilan mercredi — de ne pas payer ses dettes abyssales et de poursuivre son activité.