Front commun patronal-syndical

Le Conseil des relations internationales de Montréal a invité mercredi Yves-Thomas Dorval, du Conseil du patronat du Québec, André Boyer, de la FTQ, Françoise Bertrand, de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), et Jacques Létourneau, de la CSN, à débattre de la question de l’emploi et de la prospérité dans une économie mondialisée.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Conseil des relations internationales de Montréal a invité mercredi Yves-Thomas Dorval, du Conseil du patronat du Québec, André Boyer, de la FTQ, Françoise Bertrand, de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), et Jacques Létourneau, de la CSN, à débattre de la question de l’emploi et de la prospérité dans une économie mondialisée.

Les représentants patronaux et syndicaux en appellent à un meilleur « dialogue social » sur les grands enjeux d’avenir pour le Québec. Idéalement avec, sinon malgré les gouvernements.

Le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) avait invité mercredi les dirigeants du Conseil du patronat du Québec (CPQ), de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) à débattre de la question de l’emploi et de la prospérité dans une économie mondialisée.

Comme il fallait s’y attendre, patronat et syndicats ont exprimé des points de vue divergents, notamment sur les bienfaits du libre-échange, sur les leçons à tirer des autres pays et sur ce qu’il faut être prêt à faire pour améliorer la compétitivité des entreprises. Mais ils ont surtout convenu de l’importance d’un dialogue éclairé et de la recherche de consensus entre les principaux acteurs de la société.

« Il est important d’établir un véritable dialogue social si l’on veut faire face aux enjeux de la mondialisation et si on veut faire face aux enjeux de demain pour le Québec »,a déclaré le président de la FTQ, Daniel Boyer. Il a rappelé que cette concertation est déjà au coeur du fonctionnement de plusieurs institutions québécoises, notamment en matière de main-d’oeuvre et de santé et de sécurité au travail. Il a aussi noté que la très grande majorité des entreprises ont des relations de travail généralement harmonieuses.

Le défi pour les entreprises québécoises de trouver leur place dans une économie mondialisée ainsi que le vieillissement de la population que leur infligera une rareté grandissante de la main-d’oeuvre obligeront les employeurs à se montrer de plus en plus à l’écoute des travailleurs, a ajouté le p.-d.g. du CPQ, Yves-Thomas Dorval. « Je ne m’en ferais pas trop pour le dialogue entre les employeurs et les employés. Ça va arriver. »

Avec ou sans les gouvernements?

Mais plus généralement, l’un des principaux secrets des réussites passées du Québec a été de savoir mettre ensemble les différents acteurs sociaux, a estimé le président de la CSN, Jacques Létourneau. « Malheureusement, la conjoncture politique n’est pas très portée au dialogue social actuellement »,a-t-il déploré, dénonçant « le manque évident de volonté » des gouvernements, aussi bien à Ottawa qu’à Québec.

« On dit que le gouvernement devrait montrer la voie, mais si on croit tant au dialogue social, pourquoi on ne le fait pas entre nous ? a lancé la p.-d.g. de la FCCQ, Françoise Bertrand. Pas seulement dans le style classique, syndicats-employeurs, car il y a aussi d’autres acteurs sociaux de plus en plus vocaux, comme les environnementalistes, les groupes sociaux. […] On ne peut pas simplement laisser cela aux syndicats. Les employeurs aussi ont la responsabilité de créer ces ponts, ces passerelles. »

Il y a toutefois une limite à ce que peuvent faire seuls les acteurs de la société civile sur ce terrain, a fait valoir Daniel Boyer, de la FTQ. « On peut se donner tous les rendez-vous que l’on veut, un vrai dialogue social doit nécessairement inclure autour de la table les décideurs, le gouvernement. Sans cela, rien ne pourra avancer ensuite. »

Pour un dialogue élargi et éclairé

Françoise Bertrand croit que les gouvernements pourraient commencer par faire preuve de plus de transparence dans la recherche et le partage de toute l’information pertinente. Elle en veut pour exemple le débat sur l’avenir énergétique du Québec dans lequel elle « reproche au gouvernement de ne pas avoir toujours mis en place un processus ordonné », a-t-elle expliqué au Devoir en marge de la conférence.

En bon « maître du jeu »,Québec devrait, pour mettre un terme à « l’actuelle foire d’empoigne », « assurer aux différents acteurs économiques, environnementalistes et sociaux un processus dans lequel ils peuvent venir représenter leurs points de vue dans un dialogue plus ordonné, plus factuel et plus porteur de solutions à nos problèmes. »

4 commentaires
  • Gaston Bourdages - Abonné 23 avril 2015 07 h 46

    Chapeau, bravos et mercis aux personnes...

    ...initiatrices de la tenue de ce «Front commun patronal-syndical». Quelle éloquente preuve de maturité ! Il était, à mon humble avis, nettement préférable que nos instances gouvernementales n'y soient pas invitées. Je me nourris des commentaires émis et que vous avez retenus monsieur Desrosiers, que je remercie. À vous lire, je me suis mis à fabuler. Genre ? «Tout d'un coup qu'il existe au Québec un projet de société juste ou de juste société. Un projet planifié, organisé, dirigé, contrôlé puis animé par ces gens qui ont eu le courage d'un «dialogue social !»
    Tout à votre honneur et à notre bonheur!
    sans prétention,
    Gaston Bourdages,
    Auteur - Conférencier.

  • Pierre M de Ruelle - Inscrit 23 avril 2015 08 h 11

    A titre comparatif...L'union ne fait elle pas la force?

    La province de Québec plus particulièrement se comporte comme la France, (model social centralisateur et autres) avec les résultats économiques que l'on observe...Un déclin constant, des paroles , paroles, des discours, des études autour de bons petits fours et d'excellents camemberts...
    L'Allemagne est tout le contraire, on voit justement dans cette société une meilleure coordination des organismes suivants en imbriquant:
    L'État fédéral , lander ( genre de provinces) syndicats , enseignement théorique et professionnel, apprentissage.
    Résultat:
    Grace à tout ce beau monde réuni, l'Allemagne a pu ainsi effectuer un maillage de tous ses forces vives , se relever de ses ruines et devenir la 1ère puissance économique européenne et 3 ième du monde...Un bel exemple a suivre, maintenant comment l'adapter ici? Certainement pas avec le syndrome bien latin pas dans ma cour!

  • Jacques Morissette - Inscrit 23 avril 2015 08 h 36

    Des citoyens qui cherchent à respecter tout le monde, sans penser qu'un système autoritaire arbitraire pourrait faire fî de tout ça..

    Enfin, une belle tête qui émerge de la foule et qui se distingue par l'intelligence de ses propos. Ce n'est certainement pas une minorité de riches au détriment des autres qui rendrait la société plus agréable à vivre. Le développement d'une société passe par le dialogue social et l'équité, autant que possible. C'est une très bonne nouvelle!

  • Denis Paquette - Abonné 23 avril 2015 09 h 06

    Le chacun pour soi ne serait-il pas la pire des solutions

    Le fait que l'économie soit de plus en plus mondialisée n'est pas une raison pour laisser tomber nos appareils d'état, n'est ce pas ce que la Commission Charbonneau vient de nous révéler, avons nous créer des corps intermédiaires pour les laisser tomber aussitot que des difficultés apparaissent, ce serait vraiment faire mauvais usage de notre experience et de notre savoir, que des autocrates veuillent s'infiltrer c'est normal mais c'est a nous de voir a ce qu'ils ne fassent pas de torts, nous allons quand meme pas retourner a l'époque du chacun pour soi, ce serait la pire des solutions, a moins que ce soit ce que nous voulons, le retour des dynasties, ne sont-ils pas en train de consolider leurs avoirs pour l'après la bataille de l'écologie