Québec dénonce l’intransigeance d'Ottawa

Kathleen Weil, ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Kathleen Weil, ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion

C’est l’impasse entre Québec et Ottawa au sujet des travailleurs temporaires étrangers, dont Ottawa restreindra l’arrivée au pays à compter du 30 avril.

La ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, et le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, ont dénoncé, lundi, cette décision unilatérale du nouveau ministre fédéral de l’Emploi et du Développement social, Pierre Poilievre, qui n’a pas daigné rencontrer les ministres québécois avant de mettre en oeuvre cette réforme.

Flanqués de représentants du milieu des affaires, Kathleen Weil et Sam Hamad ont réclamé une rencontre d’urgence avec le ministre conservateur et le report des mesures annoncées. « Le positionnement international et même parfois la survie de plusieurs entreprises dépendent du recrutement international », a signalé la ministre. Ces travailleurs temporaires sont considérés par Québec « comme des candidats de choix pour l’immigration permanente », a-t-elle ajouté.

Le ministre Poilievre s’est contenté d’envoyer une simple lettre à la fin mars, deux jours avant d’annoncer l’entrée en vigueur des changements sur le site Internet du ministère fédéral. Or, en vertu d’ententes administratives, le Québec, contrairement aux autres provinces, assume la responsabilité de sélectionner les candidats à l’immigration de nature dite « économique », tout en se chargeant de la formation de la main-d’oeuvre par l’entremise d’Emploi-Québec.

Sam Hamad a qualifié de « boomerang » les mesures restrictives imposées par Ottawa. « Il y a des besoins urgents de main-d’oeuvre pour les entreprises maintenant. […] Ça va nuire à l’emploi, ça va nuire aux entreprises, ça va nuire à l’économie du Québec », a-t-il prévenu. « On dit au gouvernement fédéral : si vous voulez comprendre la réalité de l’emploi au Québec, bien, je pense qu’on devrait en discuter. » Près de 11 500 des 37 000 travailleurs temporaires au Québec sont visés par les restrictions. Notons qu’ils ne représentent que 12 % du total dans l’ensemble canadien.

Ottawa réduit la durée maximale des permis de travail à quatre ans, limite à 10 % de l’effectif des entreprises le recours aux travailleurs étrangers et force les entreprises à se doter d’un plan pour remplacer ces travailleurs par de la main-d’oeuvre canadienne. Ces restrictions toucheront notamment les secteurs de la transformation alimentaire, des jeux vidéo, des technologies de l’information et de la recherche de pointe, a mentionné Sam Hamad.


 
1 commentaire
  • François Dugal - Inscrit 21 avril 2015 07 h 56

    Le Canada

    Madame la ministre Weil est une fédéraliste convaincue, il va s'en dire. Elle devrait, par conséquence, s'abstenir de critiquer le gouvernement fédéral et de donner ainsi des munitions aux "séparatisses ".