Des falsifications depuis 15 ans

Paris — Les comptes du groupe agroalimentaire italien Parmalat, au centre d'un énorme scandale financier, ont été manipulés depuis au moins la fin des années 1980, soit environ 15 ans, affirmait hier le Wall Street Journal, dans son édition en ligne, citant des sources proches du dossier.

L'ancien directeur financier de Parmalat, Fausto Tonna, a confirmé à la justice italienne l'essentiel du mécanisme de falsification des comptes, qui consistait à dissimuler certains investissements tout en cachant des pertes enregistrées par des filiales, rappelle le Wall Street Journal.

L'enquête a jusqu'à présent permis de découvrir un trou d'au moins 7 milliards d'euros dans les comptes de Parmalat, mais ce chiffre pourrait être encore plus élevé, selon la presse italienne. L'enquête sur Parmalat place dans une position délicate la branche italienne de la firme d'audit Grant Thornton, qui supervisait les comptes de Bonlat, une filiale de Parmalat installée au îles Caïmans, qui concentre une bonne partie des malversations. Grant Thornton a certifié les comptes de l'ensemble du groupe Parmalat jusqu'en 1999. Mais Parmalat avait dû se conformer à une loi italienne qui oblige les sociétés à changer de firme d'audit de leurs comptes au moins tous les neuf ans. Le groupe s'était alors attaché les services de Deloitte et Touche, mais Grant Thornton avait continué à contrôler les comptes de plusieurs filiales de Parmalat.