Les Québécois sont soucieux au sujet de leurs finances personnelles

Les Québécois ont de la difficulté à respecter leur budget en ce moment.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les Québécois ont de la difficulté à respecter leur budget en ce moment.

Les Québécois sont plutôt nombreux à craindre pour leur santé financière. Quatre répondants sur dix qualifient leurs finances de « fragiles ». Presque autant ne parviennent pas à dégager de l’épargne.

Raymond Chabot lance une campagne de sensibilisation sur le thème «Ne perdez pas vos moyens» faisant appel à l’humoriste Laurent Paquin. Le cabinet, spécialisé notamment dans les domaines de l’insolvabilité et du redressement financier, alimente sa démarche par les résultats d’un sondage concluant que les Québécois se disent plutôt soucieux au sujet de leurs finances personnelles. Ainsi, 41 % des répondants qualifient leur situation financière de « fragile ». Ce taux passe à 50 % dans les segments d’âge couvrant les 18-44 ans. « De plus, 50 % des gens sont craintifs face à l’avenir, et 39 % subviennent à leurs besoins actuels sans pouvoir réaliser d’épargne sur l’avenir », ajoute Éric Lebel, associé et syndic chez Raymond Chabot Grant Thornton.

Ce sondage CROP a été réalisé au moyen d’un panel Web, et 1650 questionnaires ont été remplis. L’on prend soin de préciser que les résultats ont été pondérés. Mais compte tenu du caractère non probabiliste de l’échantillon, le calcul de la marge d’erreur ne peut s’appliquer.

Cette précision étant donnée, « les Québécois connaissent actuellement de la difficulté à respecter leur budget. Quand on dit que seulement un Québécois sur cinq y parvient, et qu’un sur quatre éprouve de la difficulté à gérer ses finances personnelles, ça sonne l’alarme ! », retient Laurent Paquin.

Parmi les autres données présentées, 20 % des répondants disent tout ignorer de la façon dont l’intérêt est calculé sur les cartes de crédit. Aussi, 36 % n’effectuent pas ses paiements au complet et à temps, ou ne remboursent que le minimum requis. « Cela est d’autant plus troublant que près de 4 Québécois sur 10 (44 %) disposent d’un mois ou moins pour vivre sans revenu, alors que les règles universelles d’épargne personnelle recommandent trois mois de subsistance. Par conséquent, 36 % ont déjà dû réduire leurs dépenses d’épicerie, 17 % ont emprunté de l’argent et 14 % ont obtenu une avance de fonds sur leur carte de crédit pour acquitter les dépenses courantes », ajoute le cabinet.

Ce sondage est publié à deux jours du lancement de la troisième journée annuelle Parlons argent avec nos enfants, un événement organisé par la Fondation canadienne d’éducation économique et financé par BMO Groupe financier. Sans y être associé, Raymond Chabot fait ressortir que 50 % des répondants au sondage affirment être mal à l’aise de traiter d’enjeux financiers personnels avec un membre de leur entourage.

Manque d’argent pour la retraite

Les conclusions d’un sondage Ipsos Reid réalisé pour la Financière Sun Life et publiées à la fin de février apportaient également sa contribution à cette image de fragilité. Ainsi, on y lisait que plus du tiers des personnes qui sont actuellement sur le marché du travail — comparativement à un retraité sur sept — croient qu’il y a un risque élevé que leur épargne-retraite ne suffise pas à répondre à leurs besoins jusqu’à la fin de leur vie.

Pour la toute première fois depuis les sept dernières années que ce sondage existe, « le nombre de Québécois qui s’attendent à devoir travailler après l’âge de 65 ans a dépassé le nombre de ceux qui s’attendent à pouvoir prendre une retraite complète. Ce nombre a augmenté au cours des sept dernières années, et aujourd’hui plus d’un travailleur québécois sur deux (soit 53,5 %) s’attend maintenant à travailler après l’âge de la retraite, dont 27,1 % à temps plein et 26,4 % à temps partiel, comparativement à 28,9 % qui s’attendent à prendre une retraite complète », pouvait-on lire.

Quant aux raisons évoquées, 19,5 % des répondants soutenaient que les prestations de retraite de l’État ne seront pas suffisantes pour vivre adéquatement. Si 18 % affirmaient qu’ils veulent gagner suffisamment d’argent pour bien vivre, 13 % disaient plutôt vouloir gagner suffisamment d’argent pour payer leurs dépenses de première nécessité.

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