Des chefs innus s’en vont en Europe sensibiliser les actionnaires d’Iron Ore

Les Innus entament une mission européenne. En conflit avec IOC pour le non-respect de droits ancestraux, les chefs autochtones veulent rencontrer les actionnaires de Rio Tinto et exiger que loyer soit payé.

« Alors que perdure le conflit impliquant les Innus de Matimekush-Lac John et Uashat mak Mani-Utenam avec la minière IOC, détenue majoritairement par le géant Rio Tinto, les chefs des Premières nations innues d’Ekuanitshit, de Matimekush-Lac John et de Uashat mak Mani-utenam annoncent une mission européenne visant à signifier aux actionnaires et aux dirigeants internationaux de Rio Tinto, réunis à Londres dans le cadre de la prochaine assemblée des actionnaires de Rio Tinto, que la minière doit respecter le peuple innu et payer un loyer », peut-on lire dans le communiqué diffusé jeudi.

Les chefs veulent sensibiliser les actionnaires de Rio Tinto. « Dans un geste ultime de réconciliation, nous allons demander respect, justice et réparation aux actionnaires de Rio Tinto », explique le chef Mike McKenzie. Les Innus font valoir leurs victoires judiciaires devant les tribunaux du Québec « qui confirment notre droit de poursuivre la minière IOC pour les torts qu’elle a causés au peuple innu […] Il faut rappeler que les Innus ont tenté depuis 2010 d’en arriver à une entente respectable avec la minière IOC, au même titre qu’ils ont réussi à le faire avec toutes les autres compagnies minières qui opèrent sur leur territoire. »

« Toutes les entreprises qui souhaitent exploiter les ressources de notre territoire doivent obtenir notre consentement. De plus, elles se doivent de payer un loyer pour occuper notre territoire. Depuis plus de 60 ans, Rio Tinto fait fi des droits des Innus et agit comme elle l’entend, en négligeant la moindre notion de respect à notre égard », ajoutent-ils.

Sous le thème de la campagne « Pay the rent », la délégation innue sera à Londres du 14 au 17 avril à l’occasion notamment de l’assemblée des actionnaires de Rio Tinto le 16 avril. Elle participera également à des activités privées et publiques à Paris, du 18 au 20 avril.

En janvier dernier, la Cour d’appel à Montréal avait rejeté une requête pour permission d’en appeler qui avait été déposée par IOC ainsi que par la Compagnie de chemin de fer du littoral nord de Québec et du Labrador dans le cadre d’une poursuite intentée par des Innus. Les deux entreprises tentaient d’obtenir la permission d’interjeter appel d’un jugement rendu par le juge Marc-André Blanchard, de la Cour supérieure, qui avait rejeté leur requête en irrecevabilité.

Le fond de cette affaire porte sur une réclamation de dommages-intérêts totalisant 900 millions par les Innus. Ceux-ci invoquent la violation d’un titre indien, de droits ancestraux et de droits issus de traités. Ils recherchent une conclusion déclaratoire en reconnaissance de leur titre aborigène sur le territoire qu’ils occupent dans la péninsule Québec-Labrador, là où ont lieu les activités minières, portuaires et ferroviaires des deux entreprises citées. La minière a demandé à la Cour suprême de se saisir du dossier.

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