Hydro-Québec ne fera pas payer ses clients résidentiels pour le Plan Nord

Hydro-Québec n’ira pas piger dans les poches de ses clients résidentiels pour financer les quelque 20 milliards qu’elle injectera dans le Plan Nord d’ici 2035, assure le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand.

Participant à une série d’annonces relativement à des investissements privés, M. Arcand a écarté un scénario similaire à celui du développement de la filière éolienne, souvent évoqué par la société d’État pour justifier des hausses de tarifs. « Dans le cas du Plan Nord, c’est un projet dans lequel il va y avoir suffisamment de clients pour que cela soit rentable pour Hydro-Québec, a-t-il affirmé jeudi à Montréal. Non, le Plan Nord n’engendrera pas de hausses de tarifs. »

En mêlée de presse, M. Arcand a également garanti que l’implication d’Hydro-Québec dans le Plan Nord n’aura pas d’impact sur son dividende versé au gouvernement du Québec, qui a atteint un montant record de 2,53 milliards en 2014.

Le dossier a refait surface au lendemain de la présentation de la nouvelle mouture du Plan Nord, puisque le document d’environ 50 pages n’indique pas précisément à quoi serviront les 20 milliards qui doivent être investis par la société d’État. Questionné par les journalistes, M. Arcand n’a pas voulu fournir plus de détails entourant les projets qu’Hydro-Québec pourrait piloter puisque les consultations auprès des communautés autochtones concernées ne sont pas terminées. « Avant de les faire connaître publiquement, vous comprendrez que l’on veut en discuter avec nos partenaires, a-t-il dit. Les projets sont extrêmement sérieux. Il y a un potentiel très important. »

Le ministre des Ressources naturelles s’est limité à ce qu’il avait dit la veille, rappelant qu’il pouvait s’agir de projets hydroélectriques, de lignes de transport d’électricité ou de fibre optique, afin d’améliorer les communications au nord du 49e parallèle.

Sa réponse a été similaire en ce qui a trait aux tarifs hydroélectriques, comme le tarif L, qui pourraient être offerts aux entreprises afin de les inciter à investir dans le nord québécois. « Ça varie et c’est toujours comme cela. Il y a des tarifs de développement économique, d’autres qui tiennent compte du volume. Il n’y a pas une industrie qui est pareille. »

M. Arcand était flanqué du ministre de l’Économie, Jacques Daoust, ainsi que du ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette, pour confirmer divers projets d’investissements privés totalisant 225 millions sur le territoire québécois couvert par le Plan Nord. Ces derniers étaient accompagnés de représentants de Focus Graphite, Redevances Aurifères Osisko, mine Raglan et le COREM — spécialisé dans la recherche et le développement en traitement de minerai.

Estimé à 166 millions, le projet de Focus Graphite débutera par une étude de faisabilité pour la construction d’une usine de transformation pour la production de produits de graphite à valeur ajoutée à Sept-Îles, sur la Côte-Nord. Le graphite est notamment utilisé dans la fabrication d’anodes pour les batteries lithium-ion rechargeables utilisées dans les voitures électriques et hybrides. Ces annonces ne devraient toutefois pas se traduire par la création significative d’emplois à court terme, a-t-il été précisé.

4 commentaires
  • Simon Pelchat - Abonné 10 avril 2015 08 h 01

    Est un objectif ou un engagement

    Je ne vous crois pas M. Arcand. Quand arrivera le temps de ne nous faire payer, vous nous livrerez le même discours que votre ministre des finances, ce n"était pas une cible comme on vous l'a dit pour se faire élire, mais seulement un objectif

  • François Dugal - Inscrit 10 avril 2015 08 h 25

    H-Q

    "Hydro-Québec ne fera pas payer ses clients résidentiels pour le Plan Nord", car il l'a déjà fait avec les augmentations des dernières années.

  • Francois Cossette - Inscrit 10 avril 2015 08 h 47

    Aucune confiance !!!

    Peut-on faire confiance en Hydro ou le ministre Arcand quand ils nous disent cela. La reponse.... Absoluement pas. On a vu dans le passé les passes passes d'hydro et du gouvernement pour déplacer des revenus et des dépenses entre les divers entités chez hydro. Ils faudraient etre naif pour ne pas voir que cette methode sera surement utilisé quand les profits ne seront pas au rendez-vous.

    Ce gouvernement nous demande de lui faire confiance la meme semaine ou le pm se vante d'avoir renier ses promesses electorales. Qui peut avoir confiance envers ce gouvernement, les naifs et les partisans.

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 10 avril 2015 09 h 23

    De la transparence gouvernementale...

    La seule chose dont on est certain est que le gouvernement demandera à Hydro-Québec de lui verser le dividende dont il jugera avoir besoin. Pour le reste, il faudra se fier aux états financiers d'Hydro-Québec...à leur transparence. Seront-ils suffisamment transparents ? Dans quelques années, personne ne se souviendra des propos de ce ministre. Lui-même les transformera probablement en autre chose, par exemple en une cible...