Début d’année pénible pour l’économie canadienne

Le premier trimestre « atroce » attendu par le gouverneur de la Banque du Canada a commencé par un mois de janvier moins mauvais que prévu, mais quand même négatif.

Selon Statistique Canada, le produit intérieur brut canadien s’est contracté de 0,1 % au premier mois de l’année. En additionnant les mois de novembre (-0,2 %) et de décembre (+0,3 %), on constate que la croissance annualisée sur trois mois est de zéro, ont fait remarquer des économistes. Alors que le secteur pétrolier a rebondi en janvier, la faiblesse du commerce de détail a tiré le secteur des services vers le bas.

Cette nouvelle donnée survient au lendemain d’une entrevue avec le gouverneur de la Banque du Canada publiée par le quotidien londonien Financial Times, dans lequel Stephen Poloz évoque l’ampleur du défi causé par la chute des cours du pétrole. « Le premier trimestre de 2015 va être atroce, car le choc pétrolier est pour nous une grosse histoire », a dit M. Poloz.

« En théorie, les cours plus bas entraînent une économie pour les consommateurs,a dit Stephen Poloz. Mais si une entreprise pétrolière annule un projet d’investissement et licencie un travailleur, ce gars-là n’aura pas l’argent pour s’acheter un nouveau camion. Ça se propage assez vite. »

La Banque du Canada a pris les marchés de court il y a quelques semaines en réduisant son taux directeur de 25 points de base, à 0,75 %. Au moment de l’annonce, M. Poloz, qui a succédé à Mark Carney en juin 2013, a décrit le geste comme une police d’assurance devenue nécessaire en raison de l’impact du pétrole sur l’économie canadienne. Les conséquences de la chute des cours de l’or noir diffèrent d’une province à une autre : alors que l’Alberta et la Saskatchewan en souffrent, il est convenu que le Québec et l’Ontario en bénéficient.

« Nous n’attendons pas vraiment d’amélioration en février, vu les températures particulièrement basses cette année. Dans l’ensemble, nous prévoyons toujours une croissance annualisée inférieure à 1 % au cours du premier trimestre, soit la pire performance depuis des années », a écrit la Financière Banque Nationale.

Croissance de 2 % ou moins

À plus longue échéance, bon nombre de prévisionnistes s’attendent à ce que l’économie canadienne dans son ensemble connaisse une croissance d’environ 2 % ou moins. La Banque TD, par exemple, a récemment estimé que le choc pétrolier « ne va pas faire dérailler » l’économie, mais que l’impact sera ressenti pendant deux ou trois trimestres encore.

Uniquement pour le premier trimestre, la Banque du Canada s’attend à une croissance de 1,5 %, a rappelé l’équipe d’analyse économique du Mouvement Desjardins, qui prévoit elle-même 1 %. « Il faudrait que le PIB réel par industrie progresse en moyenne de 0,3 % en février et en mars pour que cela se réalise. Dans les circonstances, on peut affirmer qu’il sera très difficile d’y parvenir »,a-t-elle écrit. La Banque du Canada risque fort d’être déçue, a-t-elle ajouté. « Est-ce que cela sera suffisant pour les inciter à procéder à une autre baisse des taux ? Il est trop tôt pour y répondre. »

La chute des cours du pétrole cause des problèmes considérables en Alberta, où les revenus du gouvernement devraient accuser cette année un manque à gagner de 7 milliards par rapport à 2014-2015. Dans son budget déposé la semaine dernière, l’Alberta a choisi d’augmenter les taux d’impôt des individus gagnant plus de 100 000 $ par année et d’augmenter les taxes sur l’alcool, l’essence et le tabac.

Le premier trimestre de 2015 va être atroce, car le choc pétrolier est pour nous une grosse histoire. [...] En théorie, les cours plus bas entraînent une économie pour les consommateurs. Mais si une entreprise pétrolière annule un projet d’investissement et licencie un travailleur, ce gars-là n’aura pas l’argent pour s’acheter un nouveau camion. Ça se propage assez vite.

1 commentaire
  • Pierre M de Ruelle - Inscrit 1 avril 2015 08 h 05

    Question.

    Comment vont se comporter les paiements en perequation distribues par notre gouvernement Federal de la part des provinces riches aux provinces assistees?
    Vont ils etre maintenus aux memes niveaux?