Le Québec a fait deux fois moins bien que la moyenne canadienne

Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne

Alors que le budget déposé jeudi estimait à 1,5 % la croissance de 2014, les données diffusées vendredi par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) signalent que l’économie, qui partait de 1 % en 2013, n’a pu faire mieux que 1,3 % l’an dernier.

Si ce gain est inférieur à la croissance de 2,5 % observée à l’échelle canadienne, le portrait de l’ISQ a fait ressortir que la faiblesse du dollar, présentée comme un avantage inespéré, profite en effet aux exportations de produits québécois vers l’étranger. Celles-ci ont augmenté de 9 % par rapport à 2013.

« La faible hausse du PIB réel au dernier trimestre de 2014 rappelle que l’économie du Québec repose sur des bases fragiles », a écrit le Mouvement Desjardins sous la plume de l’économiste Hélène Bégin.

La demande intérieure est faible et les exportations, malgré leur vigueur, ne sauveront pas l’économie à elles seules. « Cela ne sera pas suffisant pour propulser la variation du PIB réel au-delà de 2 % cette année. D’ailleurs, avec un quatrième trimestre aussi amorphe, l’acquis de croissance pour 2015 est limité. Voilà qui appuie notre prévision de 1,7 % cette année », a ajouté le Mouvement Desjardins.

L’économie, ont rappelé les documents du budget Leitão jeudi, se trouve à la croisée des chemins. L’année 2013 n’a produit qu’un gain de 1 %, après une décélération de quelques années, mais voilà que la chute du dollar canadien et la reprise américaine ont nourri les espoirs pour l’année qui vient.

« Pour 2015 et 2016, la croissance de 2 % du PIB réel prévue par le ministère des Finances du Québec est égale à la moyenne prévue par le secteur privé », a écrit le ministère dans son plan budgétaire. La fourchette des économistes du privé, cependant, oscille entre 1,7 % et 2,4 %.

La Banque Nationale a signalé que le quatrième trimestre de 2014 a été « la pire performance en six trimestres », surtout à cause du haut niveau d’importations. Il serait temps que les investissements des entreprises en machines et en équipement reprennent du galon, a-t-elle écrit dans une note de recherche en faisant remarquer que le marché du travail a pris du mieux récemment.

« Le récent rebond de l’emploi laisse présager une amélioration quant à la progression du revenu personnel disponible, dont la faiblesse récente a contribué à faire chuter le taux d’épargne des ménages à un creux de plusieurs années », a écrit la Banque Nationale.

Occasions à saisir

Reprenant un thème connu, le ministère des Finances a insisté dans son budget sur le fait que l’embellie américaine, la déprime du pétrole et la chute du dollar canadien sont des « occasions à saisirpour les entreprises québécoises exportatrices ». La baisse du prix des carburants à la pompe permet aux consommateurs d’économiser de l’argent, selon lui, et cela pourrait avoir une influence sur l’achat d’« autres biens et services ».

Dans ses documents publiés jeudi, le ministère des Finances a estimé que le produit intérieur brut du Québec devrait atteindre 376 milliards en 2014, pour grimper à 390 milliards cette année, ce qui représente une croissance nominale de 3,8 %. Le cap des 400 milliards surviendrait vraisemblablement en 2016.

Selon les calculs du ministère, une variation de 1 point de pourcentage du PIB nominal entraîne un impact de 550 millions sur les entrées d’argent au gouvernement.

Le budget 2015-2016 présenté par le gouvernement Couillard a mis un terme aux déficits grâce au resserrement considérable des dépenses de programmes. Il ne prévoit pas d’excédent pour cette année, ni la prochaine.

4 commentaires
  • Jean-Yves Proulx - Abonné 28 mars 2015 05 h 51

    Mais deux fois plus que la moyenne canadienne...

    Ce qu'on devrait ajouter, c'est que le Québec a fait deux fois plus que la moyenne canadienne pour ce qui est de l'austérité... et voilà le résultat !

    « Couper 100 milliards de dollars dans les dépenses alors qu'on se trouve dans une trappe à liquidité provoquera une baisse du PIB, à la fois directement à travers la réduction des achats de l'État et indirectement parce qu'une économie affaiblie entraîne des coupes dans le privé. Beaucoup d'études empiriques ont été conduites sur ces effets depuis le début de la crise, et elles laissent entrevoir une baisse finale du PIB avoisinant 150 milliards de dollars, voire plus. [...] En fait, il est fort possible que la réduction nette de la dette n'atteigne pas la moitié de celle des dépenses annoncée. »
    Paul Krugman (Prix Nobel en économie, chroniqueur économique au New York Times) dans son livre Sortez-nous de cette crise... maintenant !

  • Lucien Cimon - Abonné 28 mars 2015 08 h 55

    «Le Québec a fait deux fois moins bien que la moyenne canadienne»

    L'effet libéral?
    Est-ce que c'est conforme aux promesses faites il y a moins d'un an par ceux qui nous gouvernent aujourd'hui?
    Le bonheur, c'est pour 2018, peut être?
    Désespérant!

  • Jean-Marc Tremblay - Abonné 29 mars 2015 22 h 18

    torpeur...

    Mais Québécois, sortez-vous de cette torpeur! De quelle autre chiffre avez-vous de besoin pour chasser ces liberaux du pouvoir? Cette apathie, ou ce leurre ne mènera qu'à davantage de perte.

  • Donald Bordeleau - Abonné 30 mars 2015 23 h 46

    Emplois à doses homéopathiques.

    Un déficit de 1.3 milliard et non de 5.7 comme l'avait prédit le PLQ.

    Les libéraux insistent qu'il y a une menace de décote afin de faire passer l'austérité, mais les économistes ne sont pas de l'avis de Monsieur Leitao.
    Le gouvernement coupe 130 millions dans la persévérance scolaire, 40 millions au CEGEP et 70 millions pour les universités.

    Dire qu'en 2012 au sommet de l'éducation il fallait augmenter en urgence les frais à l'éducation et que les universités étaient sous-financées. Mais aujourd'hui, le discours a changé en coupant 240 millions en éducation.

    Le PIB continue de diminuer et l'emploi stagne. Les actions en santé vont augmenter les coûts de quelques milliards en démobilisant les employés.
    Avec les fermetures des entreprises et les mesures d'austérité le Québec a perdus près de 100,000 emplois à temps plein en 2014.

    L’austérité budgétaire québécoise va amputer la croissance de 4 milliards de dollars en 2015-2016, selon l’analyse de l’économiste Pierre Fortin.

    Plus de 3 milliards pris dans nos poches. Monsieur Couateux disait que l’effort sera de 80% pour le gouvernement et les sociétés et 20% des contribuables.

    Mais dans ces contributions, c’est le contribuable qui pait à 80%.