BRP souffre de la situation en Russie

Des employés à l’œuvre à l’usine de Valcourt
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Des employés à l’œuvre à l’usine de Valcourt

Le constructeur de véhicules récréatifs BRP s’attend à ce que la dévaluation du rouble en Russie ainsi que l’économie chancelante du pays continuent à plomber ses ventes dans son troisième marché en importance.

Même si les consommateurs russes ont continué à dépenser pour des produits de luxe au cours des derniers mois, cela n’a pas empêché les recettes de la société de Valcourt d’afficher une baisse de 25 % l’an dernier en Russie.

« Pour l’exercice 2016, nous prévoyons un recul de 50 % [des ventes] par rapport à 2014 », a indiqué aux analystes le président et chef de la direction de BRP, José Boisjoli, vendredi lors d’une conférence téléphonique.

En excluant l’Europe de l’Est, toutefois, les revenus de l’entreprise sur les marchés internationaux ont affiché une progression de 8 % au cours du dernier exercice.

M. Boisjoli a souligné que le constructeur des véhicules récréatifs Ski-Doo, Sea-Doo et Can-Am avait rapatrié des unités au Canada ainsi qu’aux États-Unis, mais que cela n’avait pas été suffisant.

« Les commandes du marché scandinave sont différentes, a-t-il dit. La Scandinavie et la Russie sont des marchés qui sont différents. Nous avons transféré [le plus d’unités possible] en Amérique du Nord. Des inventaires sont demeurés là-bas. »

La situation économique précaire du plus important marché de BRP à l’extérieur de l’Amérique du Nord a par ailleurs forcé l’entreprise à dévoiler des prévisions pour l’exercice 2016 qui ont déçu les analystes financiers.

Son profit normalisé par action, qui a été de 1,65 $ en 2015, pourrait ainsi osciller entre 1,50 $ et 1,65 $. Les analystes s’attendaient à un bénéfice normalisé par action de 1,73 $.

De leur côté, les recettes devraient afficher une progression d’entre 5 et 9 % en raison de ventes plus faibles de produits saisonniers comme les motoneiges et motomarines.

« Nous nous attendons à une baisse des ventes de motoneiges en Amérique du Nord et à un recul encore plus marqué en Russie, où nous distributeurs ont été affectés par les faibles chutes de neige ainsi que des conditions économiques difficiles », a dit M. Boisjoili.

Au quatrième trimestre, BRP a engrangé un profit de 8,5 millions par rapport à une perte de 6,2 millions à la même période il y a un an. En excluant les éléments non récurrents, son bénéfice a explosé de 141 % pour s’établir à 116,5 millions, ou 98 ¢ par action.

Pour le trimestre terminé le 31 janvier, les revenus ont affiché une progression de 18 %, à 1,07 milliard. En Amérique du Nord, le chiffre d’affaires a notamment bondi de 14 %.

Cette performance trimestrielle a permis à BRP de dépasser les attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un profit ajusté par action de 79¢ et des revenus de 1,02 milliard.

Malgré des prévisions pour l’exercice 2016 ayant assombri une solide performance trimestrielle, Benoît Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, a estimé que la société se trouvait en bonne position.

« L’accélération des travaux au Mexique et l’introduction de nouveaux produits […] devraient permettre à BRP de gagner des parts de marchés en 2016 ainsi que dans les prochaines années », écrit l’analyste dans un rapport.

La société est sur le point de terminer la construction de sa deuxième usine de production au Mexique.

Pour l’exercice 2015, les profits de BRP ont progressé de 17%, à 70,2 millions. Son chiffre d’affaires a grimpé de 10 %, à 3,5 milliards, puisque la performance du marché nord-américain a contrebalancé la faiblesse constatée en Europe de l’Est.