L’expansion du port de Montréal prend forme

Le groupe chargé d’exploiter le futur terminal Viau, Termont Montréal, promet d’investir 42 millions au cours des deux prochaines années afin d’accroître la capacité de manutention.
Photo: CMM Le groupe chargé d’exploiter le futur terminal Viau, Termont Montréal, promet d’investir 42 millions au cours des deux prochaines années afin d’accroître la capacité de manutention.

Les travaux de développement du futur site de conteneurs « Viau » du port de Montréal, un chantier qui commence cet été, se précisent : le partenaire de longue date qui s’en occupera affirme qu’il dépensera 42 millions sur deux ans pour ce projet devant augmenter de 26 % la capacité totale du port.

L’Administration portuaire de Montréal (APM) a annoncé lundi que l’opérateur du futur terminal sera Termont Montréal, qui gère un autre terminal à conteneurs, « Maisonneuve », depuis 1987.

Ce chantier s’inscrit dans l’expansion des activités du port annoncé en janvier 2015 avec le gouvernement fédéral, qui a promis une aide financière de 43,7 millions, et la Ville de Montréal. L’ensemble du projet, qui tombe à point en raison de l’éventuel marché de libre-échange Canada-Europe, était alors estimé à plus de 130 millions.

« Les travaux de construction du nouveau terminal débuteront cet été, pour une mise en service prévue à l’automne 2016,a affirmé lundi le Port de Montréal. Il sera doté d’une capacité de manutention de 600 000 conteneurs EVP (équivalent vingt pieds), ce qui portera la capacité de manutention totale du port de Montréal à 2,1 millions de conteneurs EVP. » Cette capacité de 600 000 EVP contient 150 000 EVP qui ont été ajoutés à la suite de travaux en 2013.

« Si la croissance se poursuit, l’entreprise [Termont Montréal] investira un montant supplémentaire de 30 millions pour la seconde phase du projet », ajoute le communiqué.

Lors d’un point de presse en marge d’un discours à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la présidente de l’Administration portuaire de Montréal, Sylvie Vachon, a affirmé que la présence continue de Termont est une « excellente nouvelle », car celle-ci compte comme client la firme MSC. Il s’agit du deuxième transporteur maritime de conteneurs au monde.

« D’avoir un client de cette taille-là, pour nous, c’est extrêmement intéressant », a dit Mme Vachon. Celle-ci a indiqué que le site en question est « peut-être le dernier sur l’île » qui puisse être « réaménagé » pour recevoir davantage de conteneurs.

« Ce sont des travaux assez importants qu’on doit réaliser en peu de temps, car le trafic est là et la demande est là. Il faut recevoir le cargo le plus vite possible », a ajouté Mme Vachon. Outre les travaux de « repositionnement » du vrac, la présidente de l’APM a mentionné l’installation de grues, les travaux électriques, les chemins de fer, la capacité portante et la chaussée. Déjà aujourd’hui, le port est un endroit où roulent 2500 camions par jour.

Libre-échange avec l’Europe

En pleine concurrence avec les ports de la côte est des États-Unis, le Port de Montréal salive à la perspective de l’entrée en vigueur éventuelle de l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Europe.

L’Administration portuaire de Montréal est d’ailleurs à pied d’oeuvre pour évaluer et chiffrer l’impact probable de l’augmentation des échanges commerciaux sur les volumes de conteneurs qui transiteront par ses terminaux.

« On a toujours été un port important pour l’Europe du Nord, le premier port, d’ailleurs, de la côte est nord-américaine pour tout ce trafic,a expliqué Mme Vachon. Donc, avoir un accord qui va faciliter encore plus les échanges entre le Canada et les pays d’Europe, c’est une excellente nouvelle. C’est taillé sur mesure pour nous. »

Par ailleurs, le Port de Montréal voit d’un bon oeil les informations du journal Les Affaires selon lesquelles Québec aurait déterminé qu’il faut, pour le Grand Montréal, quatre pôles logistiques et non un seul. Le gouvernement envisageait auparavant de choisir entre Vaudreuil et Contrecoeur, où le Port de Montréal possède un terrain qu’il veut développer.

Selon Les Affaires, ces deux villes seraient maintenant du lot, tout comme deux sites dans les arrondissements de Lachine et de Saint-Laurent. « Toute activité de logistique qui crée une nécessité pour les lignes maritimes de se rendre au port pour venir chercher des conteneurs, c’est bon pour nous », a dit Mme Vachon.

«On a toujours été un port important pour l’Europe du Nord, le premier port, d’ailleurs, de la côte est nord-américaine pour tout ce trafic, a expliqué Mme Vachon. Donc, avoir un accord qui va faciliter encore plus les échanges entre le Canada et les pays d’Europe, c’est une excellente nouvelle. C’est taillé sur mesure pour nous.»

Sylvie Vachon, présidente de l’Administration portuaire de Montréal