Le marché immobilier canadien continue d’inquiéter le FMI

Déjà, en juin dernier, une lecture plus planétaire faisait craindre au FMI une nouvelle crise mondiale de l’immobilier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Déjà, en juin dernier, une lecture plus planétaire faisait craindre au FMI une nouvelle crise mondiale de l’immobilier.

Le Fonds monétaire international (FMI) n’en est pas à une manifestation d’inquiétude près devant la cherté du marché immobilier canadien. L’institution de Washington a réitéré ses craintes lundi et appelé à un accroissement de la résilience du système financier canadien, désormais exposé aux prêts hypothécaires non assurés.

Dans son rapport de janvier sur l’économie canadienne, le FMI a manifesté ses préoccupations liées à la forte chute des cours pétroliers. « Les deux principaux facteurs de vulnérabilité interne sont la surchauffe du marché immobilier et l’endettement élevé des ménages », écrivait l’institution.

Dans leur blogue lundi, deux économistes du FMI sont revenus sur cet endettement qui, même s’il semble s’être stabilisé dernièrement, « a atteint des sommets sans précédent au cours de la dernière décennie, dépassant 150 % du revenu disponible, soit le taux le plus élevé parmi les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ». Ils font le parallèle avec la hausse des cours immobiliers de plus de 60 % pour l’ensemble du marché canadien depuis 2000. « Les hausses ont été particulièrement sensibles dans les grandes métropoles, dont Toronto, Calgary et Vancouver, cette dernière se classant au deuxième rang mondial des villes les plus chères, après Hong Kong. »

Ils reconnaissent que, sous le coup de la dégradation des termes de l’échange, du ralentissement de la croissance et des perspectives de remontée des taux d’intérêt américains, « le marché immobilier surévalué du Canada pourrait se calmer ». Tout en surveillant le risque « d’atterrissage brutal ».

Déjà, en juin dernier, une lecture plus planétaire faisait craindre au FMI une nouvelle crise mondiale de l’immobilier. Pour le Canada, l’institution observait alors que le marché immobilier était, avec celui de la Belgique, le moins abordable des pays de l’OCDE. Le FMI chiffrait alors le déséquilibre des prix au Canada à 10 %.

Déplacement du risque

Sans suggérer de nouveaux resserrements des règles hypothécaires, le FMI voyait une menace sur les finances publiques, sous le poids de l’augmentation du nombre et de la valeur des prêts hypothécaires assurés par la Société canadienne d’hypothèques et de logement.

Cette menace se serait désormais déplacée aux prêts hypothécaires non assurés. Les mesures de restriction appliquées aux prêts assurés « n’ont peut-être réussi qu’en partie à contenir l’expansion du crédit. Il est possible que l’importance grandissante des prêts hypothécaires non assurés soit le signe de “déperditions” du durcissement de la réglementation financière canadienne, problème couramment observé dans les pays qui mettent en place un dispositif plus rigoureux », mettent en exergue les analystes du FMI.

Ainsi, le Canada est une nouvelle fois invité à atténuer la portée de la Société canadienne d’hypothèques et de logement dans le but de « réduire l’exposition des contribuables aux risques qui en découlent ». Et de convier le secteur privé de l’assurance hypothécaire à prendre une plus grande part des risques, notamment en limitant progressivement la caution du gouvernement fédéral.

Tout en explorant dans la foulée les mécanismes susceptibles de renforcer la résilience du système financier. « Si la coopération informelle entre principaux organismes a donné de bons résultats durant la crise, les chocs à venir prendront inévitablement une autre forme. »

Les analystes proposent notamment de confier à une seule et même entité la charge de la supervision macroprudentielle de l’ensemble du système. Puis de mettre en place « un système de coordination à l’appui d’une prise de décision rapide et pour tester les capacités de réaction des autorités fédérales et provinciales face à des scénarios de crise ».

1 commentaire
  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 11 mars 2015 22 h 20

    Le FIM ?

    Système financier canadien, l'endettement des familles canadiennes, la hausse des cours immobiliers pour l'ensemble du marché canadien, le FMI chiffre le déséquilibre des prix au Canada à 10 %, le Canada est une nouvelle fois invité à atténuer la portée de la Société canadienne d’hypothèques et de logement dans le but de « réduire l’exposition des contribuables aux risques qui en découlent ».

    En quoi le FMI peut-il se mêler de la gestion du Canada en suggérant fortement ?
    Quel est la structure du FMI et quels sont ses intérêts dans le Canada ?
    Autrement dit, de quoi il se mële ? Expliquez-moi quéqu'un.