Les Canadiens continuent d’emprunter

« La chute rapide des prix du pétrole en a pris plus d’un par surprise. Et c’est là le point ! Les consommateurs et les propriétaires d’entreprise doivent être plus vigilants », a souligné Regina Malina.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir « La chute rapide des prix du pétrole en a pris plus d’un par surprise. Et c’est là le point ! Les consommateurs et les propriétaires d’entreprise doivent être plus vigilants », a souligné Regina Malina.

L’agence Equifax s’inquiète. L’endettement des Canadiens atteint un nouveau record et continue de croître, dans un univers dominé par les secousses conjoncturelles provoquées par la chute des cours pétroliers. Aussi, les faillites augmentent, mais le taux de défaillance sur les prêts demeure à ses niveaux d’avant-crise.

À la fin de 2014, l’endettement total des Canadiens atteignait les 1529 milliards. Ce record s’inscrivait en hausse de 1,1 % par rapport au troisième trimestre. La progression est de 7,7 % sur un an, propulsée par une demande accrue de cartes de crédit.

Du total, près de 1000 milliards, soit 65 %, étaient accaparés par les prêts hypothécaires. En les excluant, la dette moyenne des Canadiens a progressé de 2,9 % pour atteindre 20 967 $. « Un autre sujet de préoccupation apparaît dans les chiffres du ratio dette-revenu publiés par Statistique Canada, qui est à un niveau record de 163 % », a précisé Regina Malina, directrice principale à Equifax Canada.

L’agence spécialisée dans la collecte d’information sur le crédit retient que la demande de crédit la plus forte est observée dans l’Ouest canadien. Elle n’est pas sans relier ce contraste au changement conjoncturel touchant présentement l’économie canadienne. « La chute rapide des prix du pétrole en a pris plus d’un par surprise. Et c’est là le point ! Les consommateurs et les propriétaires d’entreprise doivent être plus vigilants », a souligné Mme Malina. À l’échelle canadienne, la demande pour du nouveau crédit était en hausse de 8,5 % au dernier trimestre de 2014, par rapport au trimestre correspondant de 2013. La poussée était de 11,6 % dans l’Ouest, de 6,7 % au Québec.

L’encours des prêts demeure toutefois de qualité. Du moins, l’agence observe que, « malgré les préoccupations croissantes sur la dette à la consommation, le taux national des défaillances à 90 jours ou plus dans toutes les régions et les grandes villes est resté le même, voire a baissé dans la plupart des cas ». Le taux de défaillance se situait à 1,09 %, se maintenant à son niveau le plus faible d’avant la crise de 2008-2009. Il avait monté à 1,6 % au plus fort de la Grande Récession.

En revanche, le taux de faillite, engagé dans une tendance baissière depuis 2009, affichait une hausse de 2,1 % entre les derniers trimestres de 2013 et de 2014. « Ce sont quelques-uns des indicateurs économiques que nous continuerons de surveiller de près pour le reste de l’année », a mis en exergue Regina Malina.

Effet pétrolier

La contraction des prix pétroliers est venue changer la donne. Les économistes martèlent d’ailleurs que, derrière la croissance de 2,4 % (en rythme annualisé) du PIB affichée au dernier trimestre, se cache une faiblesse plus grande, alors que la contraction des cours des matières premières n’a pas fini de produire ses effets. Cette statistique, dévoilée mardi, masque un recul du commerce extérieur et un ralentissement de la demande intérieure, à peine contrebalancés par une progression des inventaires et des dépenses des ménages. Ces dernières se sont appuyées sur une hausse du revenu disponible, alors que le taux d’épargne baissait à 3,6 %, « au plus bas depuis 2010 », peut-on lire dans les commentaires de la Financière Banque Nationale.

L’établissement a également proposé une étude analysant l’impact de la chute des cours pétroliers sur le marché résidentiel de l’Alberta, de la Saskatchewan et de Terre-Neuve–et–Labrador. « La baisse des prix du pétrole aura certainement une incidence négative sur l’économie des trois principales provinces productrices, mais elle devrait en général profiter aux autres provinces qui sont importatrices. Jusqu’à maintenant, rien n’indique que ce qui se passe présentement sur le marché résidentiel en Alberta et en Saskatchewan est en voie de se propager aux grands centres ailleurs au Canada », a-t-elle conclu.

1 commentaire
  • François Dugal - Inscrit 4 mars 2015 07 h 50

    Qui suis-je ?

    Une personne qui n'a pas de dettes est-il vraiment canadien?