2015 sera une année de consolidation pour la Coop fédérée

Denis Richard, président de la Coop fédérée, lors de l’assemblée générale qui se tenait mercredi.
Photo: Marketwire Denis Richard, président de la Coop fédérée, lors de l’assemblée générale qui se tenait mercredi.

L’exercice 2015 en sera un de consolidation pour la Coop fédérée, qui compte finaliser l’intégration du Groupe BMR, dont elle s’est portée acquéreur plus tôt cette année.

La Coop fédérée est sur une bonne lancée ; elle a enregistré des ventes records pour son exercice 2014, totalisant 5,4 milliards, en hausse de 4 %. D’ailleurs, l’excédent avant ristournes et impôts a atteint 77,3 millions pour l’exercice 2014, soit une hausse notable par rapport à un excédent de 23,7 millions pour l’exercice précédent.

Ces bons résultats, dévoilés à l’occasion de l’assemblée annuelle des membres, jeudi à Montréal, ont tout de même fait dire au président Denis Richard qu’il fallait gérer prudemment et commencer par digérer l’acquisition du Groupe BMR durant les prochains mois. « On a fait beaucoup d’acquisitions. Ça vient tirer sur nos liquidités. Alors cette année, il faut aller chercher les gains qu’on avait vus dans ces acquisitions-là. Alors ce sera une année de consolidation, où on va s’assurer d’intégrer BMR, par exemple, pour aller chercher le maximum de synergies », a expliqué M. Richard, au cours d’une entrevue après l’assemblée annuelle. « C’est la priorité de l’année. On ne dit pas non à des acquisitions, mais ce n’est pas le focus. »

Depuis trois ou quatre ans, la Coop fédérée a procédé à plusieurs acquisitions, incluant en Ontario, dans les engrais minéraux, dans le domaine de la quincaillerie avec BMR, dans celui des petits distributeurs de pétrole et par sa filiale Olymel également, souligne M. Richard. « Cette bonne performance arrive à un moment opportun. Le financement de nos récentes acquisitions commande la prudence dans la gestion de la trésorerie à court et moyen termes », a poursuivi M. Richard.

Sanctions russes

La bonne tenue de la Coop fédérée s’explique en bonne partie par une meilleure performance de sa filiale de transformation des viandes Olymel en 2014 par rapport à 2013. Toutefois, dans sa division des viandes, la Coop fédérée a été confrontée en 2014 à la fermeture du marché russe par le président Vladimir Poutine, qui voulait ainsi protester contre la position du Canada dans le conflit dans l’est de l’Ukraine. La Russie était le deuxième marché d’exportation pour Olymel. « La fermeture du marché russe a nécessité d’importants ajustements », a concédé M. Richard. L’entreprise a tout de même réussi à vendre sa production, mais « pas avec les mêmes marges ».

Comme l’embargo russe doit durer au moins jusqu’en août 2015 — il avait été question d’une durée d’un an lorsqu’il a été annoncé — M. Richard ne s’est guère montré optimiste pour la réouverture du marché russe cette année, compte tenu du fait que la situation politique ne s’est pas rétablie en Ukraine.

Pour ce qui est des exportations, la baisse de la valeur du dollar canadien devrait logiquement favoriser les entreprises exportatrices d’ici, comme Olymel. Néanmoins, M. Richard apporte une nuance. « Il n’y aura probablement pas une hausse du volume [d’exportations], parce que le volume est dépendant du cheptel de porcs et de volaille, mais il va y avoir sûrement une amélioration de la marge », a-t-il dit.

M. Richard a également profité de l’assemblée des membres pour critiquer certaines mesures d’austérité du gouvernement de Philippe Couillard. Tout en disant comprendre qu’il faille faire preuve de rigueur dans la gestion des finances publiques, il s’est porté à la défense des programmes de soutien agricole. « Il est essentiel que les programmes du gouvernement soient évalués non seulement en fonction de leur coût, mais aussi de la valeur qu’ils génèrent dans l’économie. L’argent que le gouvernement du Québec investit en agriculture procure un climat d’affaires stable et prévisible, qui est propice aux investissements dans le secteur agroalimentaire », a-t-il plaidé.