Bras de fer entre la Zambie et Barrick Gold

Lusaka — La Zambie interviendra pour préserver près de 4000 emplois à la mine de cuivre de Lumwana que le groupe canadien Barrick Gold veut mettre à l’arrêt en représailles à une hausse d’impôts, a annoncé lundi la présidence zambienne.

Le président du pays, Edgar Lungu, « a assuré que le gouvernement ne permettrait pas qu’un seul emploi minier soit perdu et a donné des instructions en ce sens au ministre des Mines pour assurer que l’activité à la mine de Lumwana soit placée en maintenance », selon ce communiqué.

Dans ce pays d’Afrique australe dont la première richesse est le cuivre, le gouvernement a relevé au 1er janvier de 6 % à 20 % le montant des taxes sur les mines, au grand désarroi des compagnies minières déjà touchées par la chute des cours des matières premières. Depuis, le groupe basé à Toronto a annoncé qu’il voulait suspendre l’activité et qu’il commencerait à renvoyer les mineurs chez eux le 1er mars. Les services de M. Lungu ont précisé que le gouvernement cherchait à nouer « un partenariat technique stratégique » pour s’associer avec la compagnie d’investissement minière ZCCM-IH pour garder le site ouvert.

La Zambie est le 8e producteur mondial de cuivre, un métal utilisé notamment en plomberie, chauffage, et pour le câblage en électricité ou télécommunications.

La Chambre des mines (patronat) estime que si le gouvernement persiste à maintenir la taxe de 20 %, ce sont 7 milliards de dollars que le pays pourrait perdre dans les cinq prochaines années, soit 30 % du PIB. Et dès cette année, 12 000 emplois seraient menacés dans un pays où la jeunesse manque cruellement de débouchés, selon cet organisme patronal.

1 commentaire
  • Nicolas Bachand - Abonné 26 février 2015 03 h 23

    Noir Canada

    Voilà encore qu'une compagnie minière Canadienne (convertie il n'y à peine dix ans) se permet de dicter les règles d'un pays à travers le chantage économique. Fier exemple que nos compagnies à l'étranger: Profits sans compromis.