Cinq années de crise

Octobre 2009 :

la Grèce plonge dans la crise

Coup de tonnerre dans le ciel grec : au lendemain de la victoire du Pasok aux élections législatives, le nouveau gouvernement de Georges Papandréou allume la mèche de la crise de la dette. Il révèle brusquement que le déficit public de la Grèce est deux fois plus important qu’annoncé. Le pays devient la bête noire des agences de notation financières.

Avril 2010 :

la dette à 350 milliards

Plombée par son énorme dette, la Grèce s’avère incapable de faire face à ses échéances financières. Le 23 avril 2010, la mort dans l’âme, le premier ministre Georges Papandréou se résout à demander une aide internationale d’urgence au Fonds monétaire international (FMI) et à l’Union européenne, en parlant de « besoin national ».

3 mai 2010 :

un prêt contre l’austérité

La zone euro et le FMI accordent 110 milliards d’euros de prêt à la Grèce, mais pas sans contreparties. Le pays doit s’engager dans une vaste cure d’austérité : gel des salaires des fonctionnaires, suppression du 13e mois, retraite portée de 37 à 40 annuités, hausse de la TVA…

5 mai 2010 :

grève générale et drame

Le mercredi 5 mai, pour protester contre les mesures d’austérité imposées par le FMI et l’UE, les syndicats grecs organisent une grève générale, la troisième depuis février. À Athènes, des émeutiers lancent des cocktails Molotov : trois employés meurent dans une banque incendiée.

27 octobre 2011 :

nouveau plan de sauvetage

Pour éviter la contagion, la zone euro élabore un nouveau plan d’aide à la Grèce. Il combine des prêts supplémentaires pour 130 milliards et l’effacement de plus de 100 milliards d’euros de dette par les créanciers privés, qui en sont pour leurs frais. Papandréou annonce un référendum sur ce plan, mais doit y renoncer sous la pression de la Troïka européenne. Il démissionne. L’ex-banquier central Papademos prend la tête d’un exécutif provisoire de coalition.

12 février 2012 :

nouveau plan de rigueur

Sous pression de l’UE et du FMI, le Parlement grec adopte un nouveau programme de rigueur, en dépit de violentes manifestations place Syntagma à Athènes. Le projet de loi prévoit, notamment, un abaissement de 22 % du salaire minimum et la réduction de 12 % des retraites du secteur public…

9 mars 2012 :

coup d’accordéon sur la dette

La Grèce boucle la restructuration de sa dette, détenue par le secteur privé, pour ramener son endettement de 160 % à 120 % du PIB d’ici 2020. Ses créanciers bancaires perdent 70 % de leur mise, soit plus de 100 milliards d’euros. Mais le pays évite une nouvelle fois la faillite.

25 janvier 2015 :

victoire de Syriza aux élections

Le parti Syriza d’Alexis Tsipras frôle la majorité absolue avec 36 % des suffrages, et obtient 149 sièges sur 300 au parlement grec. « Aujourd’hui, nous avons mis fin à l’austérité », déclare le vainqueur. Tsipras annonce vouloir négocier une réduction de la dette de 321 milliards (175 % du PIB) qui mine son pays. Le 4 février, la Banque centrale européenne (BCE) coupe le robinet aux banques grecques.

Au bout de cinq ans d’austérité, le PIB du pays a chuté de 25 %, les salaires ont été rabotés de plus de 25 % aussi, et le chômage touche un quart de la population. Mais « le pays a aussi fait un effort d’ajustement budgétaire sans précédent dans la zone euro, ramenant son déficit budgétaire de 15 % en 2009 à moins de 3 %, ce qui fait qu’il satisfait aux critères de Maastricht, contrairement à la France par exemple » note Matthieu Pigasse, banquier conseil du gouvernement grec. Le nouveau premier ministre Alexis Tsipras affirme que la Grèce n’a pas l’intention de sortir de l’euro, mais annonce qu’il prévoit des mesures sociales pour lutter contre la « crise humanitaire » qui touche le pays et qu’il va renégocier les accords avec les créanciers du pays.

12 février :

Un premier Eurogroupe échoue à trouver un accord. Deuxième échec le 16, la zone euro fixe alors un ultimatum à la Grèce.

19 février :

Le gouvernement grec accepte de demander à Bruxelles une prolongation de six mois de « l’accord de prêt » européen et la supervision pendant ce temps du trio UE-BCE-FMI, mais il n’inclut pas la prorogation du « mémorandum » et des mesures d’austérité. Berlin rejette sèchement cette requête, mais la Commission européenne estime qu’elle peut être la base d’un accord, qui sera finalement conclu le lendemain, 20 février.


Avec l’Agence France-Presse