Les OPA hostiles échouent une fois sur trois, selon une étude

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Une entreprise canadienne sur trois réussit à maintenir son indépendance après une tentative de prise de contrôle, suggère une étude de toutes les offres publiques d’achat (OPA) non sollicitées des dix dernières années.

Voilà l’un des constats que dresse la firme Fasken Martineau dans une nouvelle étude qui survient au moment où les autorités canadiennes s’apprêtent à mieux outiller les conseils d’administration face aux tentatives de prise de contrôle.

Fasken a recensé 143 offres d’achat non sollicitées sur la période 2005-2014, un nombre relativement faible lorsqu’on le compare aux 3700 entreprises à capital ouvert qui sont inscrites en Bourse au Canada.

« L’OPA hostile d’un premier joueur a réussi dans 55 % des cas. En tenant compte des OPA contrecarrées par l’arrivée d’un chevalier blanc, c’est plus de 70 % des émetteurs canadiens cotés en Bourse qui ont été acquis après avoir été mis en jeu par une OPA hostile », a écrit la firme d’avocats.

Puisque 28 % des OPA se soldent par le maintien de l’indépendance de la société visée, Fasken conclut que « la vente de la société n’est d’aucune façon inéluctable ». Elle ajoute que, dans 60 % des cas, le cours de l’action de ces sociétés, au bout d’un an, s’est avéré inférieur à ce qu’offrait l’acheteur.

Il peut aussi arriver que l’entreprise visée par une offre hostile finisse par s’unir avec un concurrent plutôt qu’avec le prédateur initial. Ce résultat est survenu dans 17 % des cas.

De nouvelles règles

Le débat public entourant le pouvoir des conseils d’administration, lié notamment au maintien des sièges sociaux et à la protection d’entreprises face aux acheteurs venus de l’étranger, franchira une nouvelle étape au cours des prochains mois avec la publication d’une nouvelle série de règles.

Le droit des valeurs mobilières canadien ne donne pas aux conseils d’administration les mêmes pouvoirs que ceux dont jouissent les entreprises américaines, où les administrateurs peuvent tout simplement refuser une offre si tel est leur souhait.

Les Autorités canadiennes en valeurs mobilières vont notamment proposer de faire passer de 35 à 120 jours la période pendant laquelle une offre non sollicitée doit demeurer ouverte, ce qui donnerait plus de temps au conseil d’administration pour trouver des solutions de remplacement.

Dans son analyse, Fasken Martineau fait ressortir le fait que, sur les 143 offres non sollicitées, 90 % des initiateurs avaient des motifs « stratégiques » alors que les autres étaient « financiers ». Les deux tiers des prédateurs étaient canadiens, 22 % étaient des sociétés américaines et 11 % venaient d’ailleurs dans le monde.

Dans l’ensemble des événements, 44 % ont visé des sociétés du secteur minier, 18 % ont ciblé le secteur de l’énergie et 15 % ont cerné des secteurs dits « industriels ».