En espérant le retour des beaux jours

Alfredo Barrios
Photo: Rio Tinto Alfredo Barrios

Le marché des matières premières traverse une période difficile, mais Rio Tinto Alcan insiste sur son intention d’accroître sa présence au Québec, où le gouvernement Couillard réfléchit actuellement à la stratégie de développement de la filiale de l’aluminium.

Le patron de la société, Alfredo Barrios, a affirmé mercredi que la division d’aluminium du géant mondial Rio Tinto continue d’envisager des investissements supplémentaires dans sa technologie AP60 (Arvida) et dans l’aluminerie Alouette (Sept-Îles), mais que les conditions économiques et commerciales devront le justifier.

« Le marché va se remettre un jour. Plus vite ou plus lentement, il faudra voir, mais si le marché s’améliore, nous avons un certain nombre de projets dans le monde, notamment au Québec, que nous pouvons agrandir »,a dit le chef de la direction de Rio Tinto Alcan, Alfredo Barrios, en marge d’un discours à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

En 2014, le prix moyen de l’aluminium à la Bourse de Londres a augmenté d’à peine 1 %. Au sein de l’ensemble du groupe Rio Tinto, l’amélioration de 55 % de la rentabilité des activités d’Alcan a été la plus spectaculaire, alors que celle du minerai de fer, par exemple, a plongé de 18 %.

Les propos de M. Barrios, dont l’entreprise accorde beaucoup d’importance aux tarifs d’électricité pour ses installations, surviennent alors que Québec travaille activement à l’élaboration d’une stratégie de développement de l’aluminium. Il y a deux semaines, à Saguenay, le premier ministre Philippe Couillard a laissé entendre que Québec est flexible sur la question des tarifs et qu’il y a des « discussions qui se déroulent bien » concernant les emplois maintenus et créés.

Rio Tinto a acquis Alcan en 2007 pour 38 milliards dans le cadre d’une transaction survenue alors que les prix des matières premières atteignaient des sommets. Depuis, Rio Tinto, qui compte 60 000 employés, a dû retrancher environ 30 milliards à la valeur de l’entreprise.

Arvida et Sept-Îles

Au fil du temps, Rio Tinto Alcan a investi à Arvida la somme de 1,1 milliard pour sa technologie AP60, qui augmente de 40 % la productivité des cuves. À Sept-Îles, la phase 2 de l’expansion d’Alouette, un projet de 1,4 milliard, a permis dans les années 2000 de doubler la production. Dans les cartons depuis longtemps, une phase 3 coûterait environ 2 milliards.

L’an dernier a marqué un tournant pour Alcan, selon M. Barrios, arrivé chez Alcan au printemps 2014 après le départ de Jacynthe Côté. Après des économies de 800 millions sur trois ans, l’entreprise a affiché un flux de trésorerie positif, ce qui signifie que les entrées d’argent sont supérieures à l’argent qui en sort.

Sur trois ans, l’effectif mondial de Rio Tinto Alcan est passé d’environ 21 000 personnes à 18 000. L’entreprise compte 6000 employés au Québec.

« La performance de 2014 démontre que les décisions difficiles et les efforts déterminés de nos employés au cours des dernières années, de même que notre engagement à l’égard de l’efficacité et de la productivité, mènent à des résultats », a dit M. Barrios lors de son discours.

Invité par un journaliste à chiffrer les économies supplémentaires que Rio Tinto Alcan cherche à réaliser au-delà des 800 millions, M. Barrios a dit que la société « n’a pas de cible ».

La compagnie croit qu’un plus grand usage d’aluminium, notamment dans l’industrie automobile, contribuera au redressement des prix. Rio Tinto Alcan table sur une croissance de la demande de 4 % par année d’ici 2025.