La plateforme d’échange de la devise chinoise verra le jour en mars

C’est en mars que le Canada doit abriter officiellement la première « plaque tournante du renminbi » en Amérique. Mais l’avantage ne durera que quelques années, le temps que la Chine termine la libéralisation de ses marchés des capitaux.

Dans une présentation mardi devant le Comité des finances de la Chambre des communes, William Zhu, représentant de la Banque industrielle et commerciale de Chine (en anglais ICBC), a précisé que la cérémonie d’ouverture de la plateforme de négociations de la devise chinoise au Canada est prévue le 23 mars, à Toronto. Le Canada a été retenu pour être la terre d’accueil de ce premier centre de compensation en Amérique lors de la visite en Chine du premier ministre Stephen Harper, en novembre dernier. La plus grande banque de Chine participe à la mise en place de cette première plateforme de négociations du yuan-renminbi à l’étranger.

Le banquier a toutefois rappelé que le Canada se voit ainsi confier un avantage concurrentiel pour quelques années seulement, trois ou quatre ans tout au plus, le temps que la Chine termine son processus de libéralisation de ses marchés des capitaux. Une fois celui-ci terminé, cet intermédiaire n’aura plus son utilité.

Pour l’heure, les investisseurs institutionnels, mais aussi les importateurs et exportateurs canadiens, passent par le dollar américain. BMO Marchés des capitaux a estimé qu’ils doivent ajouter entre 5 et 8 % de frais de conversion au prix de leurs produits. Cette plateforme virtuelle viendra accélérer et sécuriser ce type de transactions tout en abaissant les frais de conversion dans ce commerce bilatéral évalué à 73 milliards de dollars par année (dans les deux sens).

Chez BMO, on s’est fait le grand ambassadeur de cette implantation hors Chine. « L’avènement d’une plateforme nord-américaine de transactions du renminbi au pays pourrait faire en sorte de réduire ce qu’il en coûte aux entreprises canadiennes de transiger avec leurs contreparties chinoises, puisqu’une part croissante des opérations commerciales chinoises est effectuée en renminbi »,soulignait en septembre dernier l’économiste en chef de BMO Marchés des capitaux, Benjamin Reitzes.

Il précisait alors que « l’importance croissante de l’économie chinoise rend particulièrement attrayante la possibilité d’héberger la principale plateforme de négociation du renminbi en Amérique du Nord ». Il faisait remarquer que le renminbi ressort régulièrement parmi les dix devises affichant les plus forts volumes de transactions quotidiennes. « Bien que la part du renminbi n’ait totalisé qu’un modeste 2,2 % de l’ensemble des transactions de devises en 2013, il faut se rappeler qu’elle se chiffrait à près de zéro il y a moins d’une décennie. Les transactions en renminbi sont un secteur en pleine croissance. »

William Zhu a cependant prévenu qu’à lui seul, le marché canadien n’apportera pas le volume de transactions suffisant pour rentabiliser la plateforme. Son succès reposera sur sa capacité à attirer de l’activité d’autres pays, notamment en provenance des États-Unis.