Le Club Med est maintenant chinois

Paris — Le conglomérat chinois Fosun s’est emparé sans surprise du groupe français de club de voyages Club Méditerrannée, dont il détient officiellement depuis mercredi plus de 90 % du capital.

Ce résultat conclut près de deux ans de bataille boursière pour l’acquisition du spécialiste français des clubs de vacances, la plus longue offre publique d’achat de l’histoire de la Bourse de Paris.

Selon l’Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme de la place parisienne, le consortium mené par Fosun avec des partenaires chinois, français, brésiliens et portugais a acquis « 92,81 % du capital et au moins 91,57 % des droits de vote » de Club Méditerranée.

Le passage de Club Med sous pavillon chinois ne faisait plus de doute, depuis que le rival de Fosun, l’homme d’affaires italien Andrea Bonomi, avait jeté l’éponge le 2 janvier en renonçant à une énième surenchère. Le conglomérat chinois, dirigé par le milliardaire Guo Guangchang, proposait 24,60 euros par action Club Med, valorisant le groupe à près d’un milliard d’euros.

Le président de ce consortium, Jiannong Qiang, s’est dit « heureux de ce succès […] qui vient clore une période d’incertitude pour Club Méditerranée », ajoutant vouloir « soutenir le développement du Club Med en France et dans les marchés à croissance rapide ».

« Avec le succès de l’OPA, [...] le Club Med a les moyens d’assumer son ambition : devenir le leader mondial des vacances tout compris, haut de gamme, au savoir-faire français », a commenté Henri Giscard d’Estaing, le p.-d.g. de Club Med.

Fosun a mis fortement l’accent sur le développement en Chine, « premier marché de tourisme du monde », et au Brésil. Il entend accentuer le virage du Club Med vers l’internationalisation et le haut de gamme, stratégie encore peu concluante puisque l’entreprise a essuyé une deuxième année consécutive de perte nette (12 millions d’euros) en 2014.

Pour Michel Braquet, un syndicaliste, « l’esprit GO (gentil organisateur), de partage et de convivialité, est menacé » par cette opération stratégique tournée vers les Chinois, qui risquent de faire du Club Med « un tour operator, un hôtel comme un autre ».

Les Français forment aujourd’hui 36 % des clients des 70 villages du groupe au trident, répartis dans 26 pays (448 000 Français), suivis par les Chinois (126 000) et les Belges (80 000).