Cure d’amaigrissement chez Tim Hortons

Le mystère continue de planer sur le nombre précis de licenciements qui s’abattent sur les bureaux de Tim Hortons dans la foulée de l’union avec Burger King, mais certains médias ont rapporté mercredi des témoignages décrivant un tourbillon d’employés de longue date qui venaient tout juste de rencontrer des agents de reclassement.

S’exprimant sous le couvert de l’anonymat, un témoin a affirmé au réseau CBC qu’au rythme de la scène se déroulant devant lui, 40 % des employés semblaient avoir perdu leur emploi. Une deuxième source a toutefois estimé que la proportion se rapproche de 20 %, ce qui signifierait de 350 à 400 personnes.

Joint à son bureau, un haut gradé de la direction de Tim Hortons au Québec, dans l’arrondissement de Lachine à Montréal, a refusé de répondre aux questions du Devoir quant au nombre d’emplois qui pourraient disparaître au Québec, renvoyant plutôt l’appel au siège social d’Oakville, en Ontario.

Une porte-parole a indiqué au réseau CBC et au Financial Post que l’entreprise n’était pas en mesure d’offrir des détails sur les mouvements de personnel en raison de la réorganisation de la société. Outre le siège d’Oakville, Tim Hortons a des bureaux à Montréal, à Calgary, à Debert (Nouvelle-Écosse), à Kingston (Ontario), à Langley (Colombie-Britannique), à Dublin (Ohio) et à Brighton (Minnesota).

Tim Hortons est aujourd’hui dirigée par Elias Diaz Sese, un ancien responsable du développement des activités asiatiqueschez Burger King. La chaîne de burgers a récemment acheté Tim Hortons pour 12,5 milliards de dollars américains, et l’ancien dirigeant des cafés, Marc Caira, est devenu vice-président du conseil de la nouvelle entité, Restaurant Brands International.

L’actionnaire majoritaire de la nouvelle entreprise est un groupe d’investissement brésilien nommé 3G, lequel a mis la main sur Burger King il y a cinq ans pour 3,8 milliards $US. Il a aussi acheté H.J. Heinz, de concert avec la société d’investissement du multimilliardaire Warren Buffett, une transaction de 28 milliards annoncée en 2013.

Sombres perspectives

En octobre 2014, le Centre canadien de politiques alternatives a estimé que l’achat par le groupe 3G, compte tenu de son affection pour les resserrements de coûts sévères, pouvait se solder par 700 pertes d’emplois au siège social de Tim Hortons et dans les bureaux régionaux. Hors succursale, Tim Hortons comptait alors environ 1600 employés.

Le Bureau de la concurrence du Canada a approuvé la transaction au mois d’octobre 2014. Un mois et demi plus tard, le ministre de l’Industrie, responsable du développement des activités asiatiquesJames Moore, a diffusé un communiqué décrivant certains engagements de Burger King.

La chaîne américaine, avait affirmé M. Moore, s’engageait notamment à « collaborer avec les franchisés de Tim Hortons pour maintenir à 100 % le nombre actuel d’emplois dans les franchises à l’échelle du Canada ». La société américaine souhaitait aussi « établir à Oakville, en Ontario, le siège social de la nouvelle entreprise, maintenir un nombre important d’emplois à ce siège social et inscrire la société à la Bourse de Toronto ».

La page Facebook de Tim Hortons a été visitée hier par quelques usagers qui n’hésitaient pas à dénoncer les licenciements, jurant de ne plus jamais mettre les pieds dans une succursale. Le même phénomène était observable sur Twitter, où certains ont comparé Tim Hortons à Target, qui a annoncé il y a deux semaines son retrait du marché canadien, où le détaillant compte plus de 17 000 employés.

L’action de Restaurant Brands International est inscrite aux Bourses de New York et de Toronto. Dans la Ville reine, elle a perdu 1,4 %, à 48 $, mercredi. Depuis le 11 décembre, elle a progressé de 21 %.