La zone euro reste bien fragile

Tandis que certains spéculent sur une éventuelle sortie de la Grèce de l’euro, la Lituanie y a fait son entrée le 1er janvier, abandonnant le litas au profit de la monnaie commune aux 19 membres de la zone euro. Ci-dessus, une commerçante de Vilnius s’assure de la validité d’un billet de 20 euros.
Photo: Mindaugas Kulbis Associated Press Tandis que certains spéculent sur une éventuelle sortie de la Grèce de l’euro, la Lituanie y a fait son entrée le 1er janvier, abandonnant le litas au profit de la monnaie commune aux 19 membres de la zone euro. Ci-dessus, une commerçante de Vilnius s’assure de la validité d’un billet de 20 euros.

Bruxelles — La croissance a un peu accéléré en décembre dans la zone euro, mais la moyenne enregistrée pour l’ensemble du quatrième trimestre est la plus faible depuis plus d’un an, laissant craindre un recul de l’activité en 2015, a estimé mardi le cabinet Markit, qui publie l’indice PMI.

Le PMI composite de la zone euro s’est établi à 51,4 en décembre, selon une deuxième estimation, soit mieux qu’en novembre (51,1) mais moins bien que dans la première estimation (51,7). Lorsque cet indice dépasse les 50 points, cela signifie que l’activité progresse, tandis qu’elle recule s’il est inférieur à ce seuil.

Malgré cette légère accélération en fin d’année, la moyenne de l’indice pour l’ensemble du quatrième trimestre, à 51,5, est la plus faible enregistrée depuis le troisième trimestre 2013, souligne Markit.

« Le PIB ne devrait ainsi progresser que de 0,1 % au cours du quatrième trimestre et, si la zone euro a pu éviter de justesse de retomber dans la récession au cours de l’année 2014, le risque demeure de voir le PIB se contracter en 2015 », met en garde Chris Williamson, chef économiste de Markit. « Ce sont sur les trois principales économies de la zone euro que se concentrent les inquiétudes, la France et l’Italie continuant d’enregistrer une contraction de leur secteur privé tandis que la conjoncture demeure fragile en Allemagne. »

L’indice est à 49,4 en Italie, 49,7 en France et 52 en Allemagne. Les performances sont meilleures en Irlande (61) et en Espagne (54,3), mais « à défaut d’un regain de confiance tant chez les entreprises que chez les consommateurs, le malaise actuel des économies clés de la région risque de se propager aux pays de la périphérie », avertit Chris Williamson.

Il anticipe une multiplication des appels envers la Banque centrale européenne pour « la mise en place immédiate de mesures de relance plus agressives, et notamment d’un programme d’assouplissement quantitatif de grande ampleur », c’est-à-dire des achats d’actifs à très grande échelle.

Mais la BCE, dont la prochaine réunion aura lieu le 22 janvier, « pourrait décider de patienter jusqu’à la publication des prochains indicateurs économiques afin de voir si le taux de croissance continue de se redresser, avant d’adopter une position ferme sur la mise en place ou non de ces politiques monétaires controversées », selon lui.

La Lituanie entre dans la zone

Après l’Estonie en 2011 et la Lettonie en 2014, la Lituanie est, le 1er janvier 2015, le dernier pays balte à entrer dans la zone euro, qui comptera alors 19 membres. Et la crise de l’union monétaire, qui peine encore à renouer avec la croissance, n’a pas refroidi les ardeurs de ce petit État de trois millions d’habitants. Il faut dire qu’en 2006-2007 il avait raté son examen de passage, à cause de l’inflation galopante (11 % en 2008). Une humiliation désormais oubliée.

Mais surtout, la crise ukrainienne et les mouvements militaires russes dans l’enclave voisine de Kaliningrad ont réveillé les douloureux souvenirs de cinquante ans d’occupation soviétique. « Ici, tout le monde a un père, un grand-père ou une tante qui a été déporté dans les camps de Sibérie », témoigne Laimutis Paskevicius, patron d’un centre médical à Vilnius. « L’entrée dans l’euro est une étape de plus dans notre ancrage au camp de l’Ouest, essentiel pour notre sécurité, explique Rimantas Sadzius, le ministre des finances. Désormais, les pays baltes se tiennent du bon côté du mur. »


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