Le rendement a été de 3,5% au premier semestre

Le Fonds a affiché un rendement de 3,5 % au cours de son premier semestre financier, terminé le 30 novembre.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le Fonds a affiché un rendement de 3,5 % au cours de son premier semestre financier, terminé le 30 novembre.

Le Fonds de solidarité de la FTQ s’est, somme toute, relativement bien tiré d’affaire lors de la première moitié de son exercice financier et se prépare maintenant au début de la réduction des crédits d’impôt dont il bénéficie au fédéral.

Le Fonds a affiché un rendement de 3,5 % au cours de son premier semestre financier, terminé le 30 novembre, a-t-il annoncé lundi. Un résultat global de 351 millions a porté son actif net à 10,5 milliards et a ajouté 1,07 $ à la valeur de son action, qui atteint désormais 31,36 $, un nouveau sommet historique. On a, d’autre part, investi 240 millions en capital de développement risqué non garanti, durant ces six mois, dans l’économie québécoise.

Cette performance est moins bonne que le rendement de 4,4 % enregistré durant la même période l’année dernière. Elle donne néanmoins le même rendement total sur 12 mois, soit 7,4 %. Même si ces rendements ne tiennent pas compte des crédits d’impôt de 30 % accordés par les gouvernements, ils se comparent aussi relativement bien avec la performance moyenne des fonds communs de placement équilibrés neutres au Canada durant le même semestre (3,1 %), mais moins bien sur 12 mois (9,3 %).

« Ces résultats témoignent de la vigueur de nos entreprises partenaires et des stratégies d’investissement du Fonds de solidarité de la FTQ. Grâce à l’épargne de plus de 600 000 Québécois et aux crédits d’impôt qui leur sont accordés, ces entreprises, avec l’aide du Fonds, ont su tirer leur épingle du jeu malgré la morosité économique », a déclaré le nouveau président du conseil d’administration, arrivé en poste cet hiver, Robert Parizeau.

Les contribuables québécois n’ont toutefois plus que quelques semaines encore pour profiter du double crédit d’impôt de 15 % chacun offert depuis des années par les gouvernements québécois et canadien. Insensible aux appels du Québec à renoncer à son projet, Ottawa entamera cette année l’élimination graduelle de son crédit accordé aux fonds de travailleurs jusqu’en 2017.

La vie après les fins des crédits à Ottawa

Depuis 10 ans, le Fonds a affiché un rendement annuel composé de 3,7 %, contre 4,8 % pour les fonds communs comparables au Canada. Le rendement du Fonds grimpe à 11,5 % si l’on y incorpore les crédits d’impôt accordés par les gouvernements aux fonds de travailleurs.

« On n’a pas encore jeté l’éponge, mais c’est évident que d’offrir, ultimement, un crédit d’impôt de 15 % au lieu de 30 % ne sera pas la même chose », a reconnu, dans un entretien téléphonique avec Le Devoir, Gaétan Morin, président et chef de la direction du Fonds. Comme la priorité ira toujours au rachat des titres détenus par les actionnaires au moment où ils prennent leur retraite, « c’est l’investissement dans les entreprises québécoises qui viendrait à pâtir » si le flot des nouvelles souscriptions venait à se réduire.

Ce serait une perte importante pour l’économie québécoise, a répété celui qui est au Fonds depuis 25 ans et qui a succédé à Yvon Bolduc en juin. « Il y a toujours de grandes carences dans l’investissement au Québec », note-t-il. Spécialisé dans l’aide aux PME et au démarrage d’entreprises, son organisme effectue, bon an mal an, 70 % de ses transactions hors des grands centres urbains et voit les deux tiers de ses investissements ne pas dépasser un million de dollars.

Gaétan Morin dit ne pas sentir, pour le moment, une quelconque influence des futurs changements des règles fédérales dans la campagne de souscription. « On est pas mal à notre vitesse de croisière, sinon en légère avance par rapport à l’année passée. » Comme Québec a plafonné la campagne à un total de 650 millions cette année, il lui apparaît « certain » qu’il n’aura plus d’action à vendre avant la date limite du 2 mars, à moins que les souscripteurs soient inscrits à un système de prélèvement automatique.

Le nouveau Fonds

 

Durement secoué par les scandales ces dernières années, le Fonds de solidarité poursuit ses réformes internes. Le projet de réforme de sa gouvernance a fait l’objet d’un dépôt d’amendements à sa loi constitutive à la fin novembre. On souhaite notamment réserver la présidence du conseil d’administration et de tous ses comités à des membres indépendants du Fonds comme de la FTQ. La majorité des membres du conseil devraient dorénavant être élus par les actionnaires chaque année.

Le Fonds entend aussi se donner cette année un nouveau plan stratégique. « Le Québec change. On veut s’assurer que le Fonds continue de jouer pleinement son rôle en 2020, en 2025 », dit Gaétan Morin, qui mène, depuis son arrivée en poste, une grande tournée du Québec.

Sans vouloir présumer de la conclusion de sa démarche, il dit qu’on pourrait par exemple chercher une façon de réduire le problème de la pénurie d’emplois. On pourrait essayer d’aider les exportateurs québécois à se trouver d’autres débouchés que les États-Unis. La question de la relève entrepreneuriale restera aussi un enjeu capital. Le Fonds pourrait, entre autres, choisir d’en faire davantage auprès des jeunes entrepreneurs et aider la consolidation de certains secteurs, comme l’industrie aérospatiale ou agroalimentaire.

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