Cameron promet une ligne droite vers la prospérité

Londres — David Cameron a dévoilé vendredi l’affiche officielle de son parti conservateur pour les législatives de mai, qui montre une route déserte de la campagne anglaise censée filer vers la prospérité économique, une allégorie bucolique immédiatement moquée par ses partenaires libéraux-démocrates.

Le premier ministre a estimé, lors de la présentation de l'affiche de pré-campagne à Halifax (nord de l’Angleterre), que le scrutin du 7 mai — occasion pour lui de briguer un second quinquennat — était « le plus important qu’ait connu sa génération ».

« Restons bien sur la route qui mène à une économie plus forte », affirme le slogan au bas de l’affiche. Le macadam est partiellement repeint aux couleurs nationales de l’Union Jack, et un sous-titre revendique comme bilan « plus de 1,75 million de jobs supplémentaires, 760 000 entreprises créées, un déficit réduit de moitié ».

Un porte-parole du parti libéral-démocrate allié des conservateurs au sein du gouvernement de coalition a cependant aussitôt relevé que « le plan économique des conservateurs pour l’avenir ressemble surtout à une autoroute menant tout droit en enfer, aux yeux de la majorité des électeurs britanniques, les Tories cherchant à revenir à l’état des années 30 ». C’est-à-dire avant que les travaillistes ne mettent en place dans l’après-guerre des réformes sociales et un Etat-providence.

Responsable du Labour pour les affaires économiques, Ed Balls a lui aussi emprunté une métaphore routière en assurant que les conservateurs menaient le pays « dans la mauvaise direction », « sur une route qui vire à droite ».

Des législatives serrées

Les commentateurs politiques prédisent généralement un résultat serré aux législatives de mai, que les travaillistes abordent avec un léger avantage dans les sondages.

Selon le scénario privilégié, aucun parti ne sera en mesure de décrocher à lui seul la majorité.

Tout comme il y a cinq ans. David Cameron avait alors réussi à mettre fin à 13 ans de règne travailliste. Mais il avait dû faire appel pour gouverner au parti libéral-démocrate, avec qui les relations sont de plus en plus acrimonieuses.

Les analystes estiment par ailleurs que les dirigeants des trois formations traditionnelles — David Cameron, Nick Clegg (libéral-démocrate) et Ed Miliband (travailliste) — joueront probablement rien moins que leur survie politique dans cinq mois.

Le leader de l’Ukip europhobe, Nigel Farage, crédité à la mi-décembre de quelque 16 % des intentions de vote, espère quant à lui jouer les trouble-fête après avoir triomphé aux européennes de 2014. Le mode de scrutin le défavorise toutefois très sérieusement.

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