Une fin d’année à la hauteur des attentes

L’indice de la RBC reste fermement ancré en territoire positif en fin d’année, signalant une nouvelle amélioration de la conjoncture dans le secteur canadien de la fabrication.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’indice de la RBC reste fermement ancré en territoire positif en fin d’année, signalant une nouvelle amélioration de la conjoncture dans le secteur canadien de la fabrication.

Comme prévu, les astres s’alignent pour permettre au secteur manufacturier canadien de prendre encore davantage de vitesse en 2015. Les données dévoilées vendredi par la Banque Royale du Canada (RBC) indiquent un léger ralentissement de la croissance en décembre, mais confirment l’amélioration globale de la conjoncture économique.

L’Indice RBC des directeurs d’achats de l’industrie manufacturière canadienne a glissé de quelques points le mois dernier. L’aiguille du baromètre mensuel s’est arrêtée à 53,9, comparativement à 55,3 en octobre et en novembre. À 54,8, la moyenne des résultats obtenus pour l’ensemble du quatrième trimestre est néanmoins la plus forte enregistrée depuis le troisième trimestre de 2011, souligne l’institution financière.

Un indice supérieur à 50 signifie une amélioration de la conjoncture économique, tandis qu’un résultat inférieur à 50 dénote une détérioration.

L’indice de la RBC, notamment établi selon les nouvelles commandes, la production et l’emploi, « reste fermement ancré en territoire positif en fin d’année, signalant une nouvelle amélioration de la conjoncture dans le secteur canadien de la fabrication », souligne le rapport rendu public vendredi.

À l’échelle provinciale, les données de l’enquête mensuelle révèlent que l’Ontario a enregistré la plus forte hausse de la production manufacturière en décembre. Toutes les régions du pays ont observé une augmentation du volume des exportations le mois dernier, à l’exception du Québec. Seuls les fabricants du Québec ont par ailleurs signalé un ralentissement de leurs activités au cours des trente derniers jours, ce qui n’affecte cependant pas le portrait d’ensemble.

« L’enquête de décembre met en évidence une bonne performance globale du secteur canadien de la fabrication, affirme la présidente et chef de la direction de l’Association de la gestion de la chaîne d’approvisionnement, Cheryl Paradowski. En ce qui concerne l’avenir, l’allégement des tensions sur les prix et la reprise économique que connaissent actuellement les États-Unis devraient soutenir la croissance de l’activité chez les fabricants canadiens. »

 

De bon augure

Les données du mois de décembre et les perspectives favorables pour le secteur manufacturier canadien confirment les prédictions de la plupart des économistes. S’exprimant sur différentes tribunes, les analystes s’entendent généralement pour dire que le raffermissement de la demande américaine, le recul des prix du pétrole et la dépréciation modérée du dollar canadien profiteront à l’industrie manufacturière, notamment pour ce qui est des exportations.

« Nos perspectives pour le Canada sont fondées sur l’hypothèse selon laquelle la baisse des prix du pétrole et tout fléchissement des investissements dans les secteurs gazier et pétrolier seront contrebalancés par une demande accrue pour les exportations canadiennes non liées au secteur de l’énergie, affirmait en décembre l’économiste en chef de la RBC, Craig Wright, au moment de dévoiler les perspectives économiques et financières de l’institution. À l’échelle nationale, en 2015, la baisse des prix du pétrole n’aura pas d’incidence notable sur la croissance du PIB réel. »

L’économiste en chef adjoint de la RBC, Paul Ferley, en a rajouté vendredi. « Malgré la récente fluctuation des prix des marchandises, en particulier le pétrole, nous demeurons optimistes quant à la situation économique générale du Canada, y compris les exportations, ce qui suggère de bons résultats à venir dans le secteur manufacturier », a-t-il fait savoir.

Dans leurs perspectives 2015-2016 rendues publiques la semaine dernière, les économistes de Desjardins en sont arrivés à des conclusions semblables. La baisse des prix des matières premières ralentira la production des provinces misant essentiellement sur leurs ressources naturelles, ont-ils écrit, mais celles qui s’appuient fortement sur le secteur manufacturier pourront bénéficier de la conjoncture favorable.

Dans le cas du Québec, ont-ils ajouté, « plusieurs forces opposées influenceront le rythme de l’économie ». « La progression plus rapide des exportations internationales et les sommes dégagées par la baisse des coûts de l’énergie permettront d’amoindrir les effets des mesures de rigueur budgétaire du gouvernement provincial », ont prédit les auteurs du rapport.



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