Bombardier livrera 24 appareils à un client anonyme

Le CRJ900 NextGen est l’une des versions les plus longues et les plus récentes des jets régionaux que Bombardier assemble dans la région de Montréal.
Photo: Bombardier Le CRJ900 NextGen est l’une des versions les plus longues et les plus récentes des jets régionaux que Bombardier assemble dans la région de Montréal.

Les bonnes nouvelles se suivent chez Bombardier en cette fin d’année. La multinationale québécoise a annoncé mardi la vente de deux douzaines de jets régionaux CRJ900 de nouvelle génération.

Passé avec un acheteur voulant garder l’anonymat pour le moment, la commande des 24 biréacteurs est une vente ferme dont la valeur est estimée à 1,14 milliard $US au prix courant. Ce genre de gros contrat s’accompagne souvent de rabais, toutefois.

La veille, c’est la division Transport de la compagnie montréalaise qui avait annoncé un nouveau contrat de près d’un demi-milliard pour 42 trains dans la région parisienne.

Cette succession de bonnes nouvelles a transporté le titre de l’entreprise en Bourse, la valeur de l’action clôturant la séance de mardi en hausse de 1 %, à 4,08 $CAN.

Pouvant, selon le cas, transporter de 76 à 90 passagers, le CRJ900 NextGen est l’une des versions les plus longues et les plus récentes des jets régionaux que Bombardier assemble dans la région de Montréal, qu’il a inventés, il y a 25 ans, et qui ont largement contribué à son succès dans l’industrie aéronautique. La compagnie a maintenant vendu un total de 1858 avions de la Série CRJ, dont les premiers modèles n’avaient que 50 sièges et dont le plus récent peut en avoir le double. De ce nombre, on compte 384 CRJ900.

« Bombardier établit la norme des avions de cette catégorie, a déclaré mardi par voie de communiqué Ray Jones, premier vice-président, ventes, marketing et gestion des actifs chez Bombardier Avions commerciaux. Avec sa fiabilité éprouvée et sa faible consommation de carburant, le biréacteur régional CRJ900 NextGen est reconnu comme le biréacteur le plus rentable de sa catégorie ».

Ne dit-on pas que la demande dans ce domaine est condamnée à se rétrécir sans cesse, avec la hausse des prix du carburant et la demande des transporteurs pour des avions plus gros, et que la concurrence se fera de plus en plus féroce, avec l’arrivée de nouveaux fabricants ? Ce marché a encore de l’avenir, a assuré en entretien téléphonique au Devoir une porte-parole de Bombardier Aéronautique, Marianella de la Barrera. Notamment dans les économies en rapide développement d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient, où tout reste à faire dans le développement de vols directs entre destinations de plus petite taille et à moyenne distance entre elles.

Année charnière pour la CSeries

C’est toutefois vers un tout autre type d’appareils que l’attention de tout le monde se porte depuis des mois lorsqu’il est question de Bombardier. C’est en effet cette année que sa toute nouvelle famille d’avions commerciaux CSeries doit terminer ses vols d’essai et entrer en service.

Destinés eux aussi à être assemblés à Montréal, les futurs appareils auront de 106 à 160 sièges et entreront, par le fait même, sur un terrain réservé jusque-là à Boeing et Airbus.

Cloués au sol pendant de longs mois après l’explosion d’un moteur, ses quatre premiers exemplaires ont repris leur test et ont accumulé plus de 700 heures de vol sur les 2400 qui doivent être effectuées pour espérer obtenir la certification de Transport Canada.

« Tout se passe très bien, assure Marianella de la Barrera. Les vols d’essai se poursuivent quotidiennement, même durant le temps des Fêtes. Un cinquième avion devrait s’ajouter bientôt. »

L’entreprise garde donc le cap sur la livraison des premiers appareils au cours de la seconde moitié de 2015. On ne doute pas non plus de ses chances d’atteindre l’objectif de 300 commandes fermes d’ici là. On en est pour le moment à 563 commandes et engagements de toutes natures, dont 243 ventes fermes. La plus récente commande en date est venue, en septembre, de Macquarie AirFinance et s’est élevée à 40 commandes fermes d’une valeur de 3,24 milliards, en plus de 10 options.