La chasse au trésor devient moins attrayante

Photo: Mines Aurizon

Les douze derniers mois ont été éprouvants, les douze prochains le seront aussi, mais la présidente-directrice générale de l’Association minière du Québec (AMQ), Josée Méthot, juge que « tout n’est pas noir » dans l’industrie minière québécoise. La chute du prix des métaux et les investissements en baisse n’empêchent pas plusieurs projets de se poursuivre ou de se développer, fait-elle valoir.

« Les projets en développement sont toujours en développement, même si le financement est plus difficile à aller chercher, souligne Mme Méthot en entrevue. Pour le moment, on n’entend pas parler d’abandon de projets. »

Le cycle baissier du prix des métaux qui a marqué 2014 devrait se poursuivre en 2015. L’AMQ ne prévoit pas une autre baisse radicale des prix, mais pas de hausse appréciable non plus. Tout indique donc que l’industrie minière québécoise tournera encore au ralenti au cours de la prochaine année.

« À moins qu’il y ait une reprise économique en Europe et en Asie, on ne s’attend pas à de gros développements dans les prix sur les marchés, du moins pas pour les six prochains mois », explique Mme Méthot.

La dégringolade du prix du fer, qui a atteint cette année un creux en cinq ans, a déjà causé bien des maux de tête aux sociétés implantées au Québec. L’entreprise américaine Cliffs Natural Resources a décidé fin novembre de fermer sa mine de fer du lac Bloom, près de Fermont, mettant ainsi en péril les emplois de quelque 600 personnes. Le groupe tactique d’intervention économique d’Investissement Québec est actuellement à la recherche d’un acheteur potentiel, mais rien de concret n’a été annoncé pour l’instant.

« Le cas de Cliffs est particulier. C’est une décision d’affaires. L’entreprise a décidé de se retirer de l’est du Canada, soutient Mme Méthot. Nous espérons que les employés auront la chance de se replacer. »

Investissements en baisse

Selon les données dévoilées à la fin du mois de novembre par l’Institut de la statistique du Québec, les investissements miniers ont baissé de près de 11 % en 2013 par rapport à l’année précédente, pour s’établir à 4,6 milliards. Cette baisse observée après neuf années consécutives de croissance survient toutefois à la suite d’investissements records en 2012 (5,1 milliards).

« L’incertitude qui affecte l’économie mondiale, le fléchissement dans les prix de plusieurs substances minérales et la difficulté d’avoir accès au capital, notamment pour les petites sociétés d’exploration minière, ont marqué l’année 2013 », soulignait l’organisme de recherche dans son rapport.

La baisse de l’investissement minier devrait s’accentuer en 2014, notait également l’ISQ sur la base des intentions exprimées par les sociétés. La chute devrait être de 36 % par rapport à 2013, soit des investissements totaux avoisinant les 3 milliards. Les données définitives de 2014 ne sont pas encore connues.

« C’est quand même près de 3 milliards investis chez nous, au Québec, dans un contexte de baisse des prix et d’incertitude au cours des dernières années. Ce n’est pas tout noir », fait remarquer Mme Méthot, qui ne contredit pas les projections effectuées par l’ISQ.

36 milliards en projets

Elle indique néanmoins que des projets dont la valeur totalise 36 milliards de dollars pourraient se concrétiser au cours des prochaines années. La p.-d.g. admet que plusieurs sociétés sont hésitantes, mais préfère souligner les réussites. Selon l’AMQ, les projets de mine de Royal Nickel en Abitibi ou d’Ariane Phosphate au nord du Saguenay en sont des exemples notables.

Le gouvernement Couillard semble voir les choses du même oeil, en dépit de la conjoncture économique défavorable pour l’industrie minière. Début décembre, le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a indiqué que plusieurs projets verront le jour au cours des prochaines années, parfois facilités par les infrastructures construites à l’aide de fonds publics. « C’est un bon moment pour faire connaître le Plan Nord, a-t-il déclaré en marge d’un forum sur les ressources naturelles organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Il ne faut pas attendre qu’il y ait un boom minier incontrôlable ».

« On voit que le gouvernement y met des efforts. Ça ne fait aucun doute pour nous que le développement du Plan Nord est intimement lié au développement de l’industrie minière au Québec », souligne Josée Méthot.

« Le Québec demeure une juridiction incontournable et nous continuerons à vanter ses qualités et à travailler sur ses lacunes pour que le secteur minier continue de contribuer à la prospérité socio-économique du Québec et des régions », conclut l’AMQ.

2 commentaires
  • Diane Veilleux - Inscrite 20 décembre 2014 09 h 45

    C'est ça, mettons de l'argent dans le Plan Nord pour promouvoir une industrie qui ne transforme pas, qui saccage l'environnement, vend la matière première à des prix dérisoires, paient fort peu de redevances et d'impôts, ont mauvaise réputation en matière de sécurité pour ses travailleurs, et quand elles ont les poches bien remplies, mettent la clé sous la porte et nous laissent avec les dégats causés.

    Entre temps coupons dans l'aide sociale, dans la santé et culpabilisons nos citoyens les exhortant à faire leur part, alors que certaines familles n'ont d'autre choix que de faire les vidandes des épiceries et des marchés publics pour se nourrir.

    • Frédéric Doré - Inscrit 22 décembre 2014 16 h 31

      C'est a ca que ca ressemble l'opinion de quelqun de mal informé.