L’usine d’Arvida voit sa vie prolongée jusqu’en 2020

Saguenay — Rio Tinto Alcan sera en mesure de prolonger jusqu’en 2020 les activités de son centre d’électrolyse Arvida, qui fait partie de son complexe Jonquière, à Saguenay.

L’entreprise a conclu une entente de principe avec le gouvernement du Québec, qui a été confirmée vendredi, à Saguenay, par le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, Jacques Daoust. Le gouvernement accordera ainsi à Rio Tinto Alcan un bloc d’électricité à un tarif préférentiel. En échange, la société s’engage à vendre ses surplus énergétiques à Hydro-Québec au même prix qui lui est consenti par Québec. M. Couillard a estimé que cette entente permettra de consolider quelque 1000 emplois dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Arnaud Soirat, président et chef de la direction, Rio Tinto Alcan Métal primaire, a souligné que « la stratégie de Rio Tinto Alcan est d’opérer des alumineries compétitives sur les marchés mondiaux. Par cette entente, le gouvernement du Québec démontre qu’il partage notre désir de s’assurer que l’usine Arvida maintienne sa compétitivité dans l’industrie. Cette entente protégera des emplois et soutiendra notre position comme fournisseur de choix dans le marché nord-américain de ce produit à valeur ajoutée qu’est la billette d’aluminium. »

En vertu de l’entente, Rio Tinto Alcan fournira également un volume additionnel de 35 000 tonnes d’aluminium pour des activités de transformation dans la province, en plus des 115 000 tonnes métriques d’aluminium produites au Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui sont fournies annuellement à différentes entreprises du Québec. L’entreprise prolongera aussi jusqu’en 2020 les activités de son bureau de développement économique régional.

En activité depuis 1960, l’usine Arvida exploite six séries de cuves d’électrolyse à anodes précuites. Sa capacité de production annuelle est estimée à environ 177 600 tonnes. Puisqu’une entente conclue en 2006 prévoyait le remplacement de l’usine Arvida par de nouvelles installations, les premières cuves devaient être désactivées à la fin de la présente année.

L’aluminium produit à l’usine Arvida est coulé en billettes, destinées aux marchés nord-américains.

La Fédération des chambres de commerce du Québec a salué l’entente de principe. Elle a rappelé « l’importance de préserver la compétitivité de ce secteur afin que ce moteur économique continue de jouer son rôle. En fait, ce sont plus de 30 000 emplois directs et indirects hautement rémunérés qui en découlent et des centaines d’entreprises dont les activités dépendent des dix alumineries implantées au Québec. »

2 commentaires
  • Donald Bordeleau - Abonné 21 décembre 2014 00 h 07

    Ce type de subvention représente un coût astronomique pour maintenir des emplois

    Avec le tarif L à 4.25 cents/KWh les grandes alumineries du Québec nous coûtent plus de 2 milliards par année qui sont payés par les Québécois. Demandez-vous pourquoi les USA ou l’Allemagne ne leur font pas une offre imbattable de leur vendre de l’électricité à, disons, 2 cents/ kWh? Habituellement, ces pays sont prompts à déballer tous les artifices.
    L’entente intervenue à Arvida représente une diminution de coût de 0.1875 cents par kilogramme d’aluminium produit. Cette aluminerie peut produire 175,000 tonnes métriques d’aluminium par an.
    Donc avec un bloc d'énergie à un tarif préférentiel à 3 cents/KWh, RTA pourra économiser 32 millions par année. À terme, les Québécois auront déboursé 160 millions qui représentent près de 50% du salaire des employés durant cette période.
    Comme le disait par erreur cette semaine Monsieur Couillard. Il est faux de dire que se sont les petites et moyennes entreprises qui créent 70 % des emplois. En fait environ 65 à 70% des emplois sont du domaine public comme les gouvernements, ses ministères, les sociétés d'états et les municipalités.
    En fait les entreprises, les PME, les banques et autres sont responsable de 25 à 30% des emplois.
    Mais en fait, ces subventions démontrent que les gouvernements cèdent au chantage et ainsi le domaine public contribue pour plus de 75% des emplois au Québec.
    La part des industries de fabrication dans le PIB du Québec est passée de 22,9 % en 2000 à 14,1 % en 2012, l’emploi dans le secteur manufacturier suivait une courbe presque semblable. Ce secteur fournissait 18,5 % des emplois de la main-d’œuvre québécoise en 2000, contre 12,5 % en 2012. Les fermetures récentes du secteur manufacturier démontrent cette tendance pour plusieurs années.
    Ce qui est à l’inverse de la pédagogie de ceux qui créent les emplois au Québec.
    Ce type de subvention représente un coût astronomique pour maintenir des emplois
    http://www.riotintoalcan.com/documents/MemoireRioT
    Recherc

  • Leclerc Éric - Inscrit 21 décembre 2014 19 h 34

    Et dans cinq ans, qu'arrivera-t-il?

    On ferme l'usine et augmente le taux de chômage au Saguenay, ou encore Investissement Québec accorde un généreux prêt sans intérêt à la multinationale; la deuxième option pourrait s'avérer exacte car le gouvernement Couillard sera tout prêt de l'échéance électorale.

    Belle occasion aussi pour Rio Tinto Alcan, de ne pas investir toute seule pour maintenir cette vieille usine ouverte.