L’Île-du-Prince-Édouard veut importer de l’hydroélectricité du Québec

Ce projet représente une occasion pour Hydro-Québec d’écouler ses surplus dans la province.<br />
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Ce projet représente une occasion pour Hydro-Québec d’écouler ses surplus dans la province.

L’Île-du-Prince-Édouard souhaite acheter 100 mégawatts (MW) d’hydroélectricité du Québec d’ici 2017.

Au terme d’une rencontre avec son vis-à-vis Philippe Couillard jeudi à Québec, le premier ministre Robert Ghiz a exprimé sa volonté de faire affaire avec Hydro-Québec.

L’Île-du-Prince-Édouard projette de faire l’acquisition d’un nouveau câble connecté au Nouveau-Brunswick afin d’augmenter sa capacité d’approvisionnement. Ce projet, a souligné M. Ghiz en point de presse, pourrait représenter une occasion pour Hydro-Québec d’écouler ses surplus dans la province.

«On espère que l’énergie que l’on va acheter viendra éventuellement du Québec parce qu’on estime que l’hydroélectricité est bonne pour l’environnement et pour l’économie, a dit M. Ghiz aux côtés de son homologue québécois. Aujourd’hui, c’était l’occasion pour moi de partager l’idée avec M. Couillard.»

La commande projetée est modeste pour Hydro-Québec dont les installations totalisent 40 000 mégawatts. Mais il importe de profiter de toutes les occasions d’accroître les échanges entre les provinces canadiennes, a soutenu le premier ministre du Québec.

«C’est certain que 100 mégawatts, c’est un petit pourcentage de la capacité d’Hydro-Québec, mais c’est très important de tirer parti de toute occasion d’exportation que l’on a, a fait valoir M. Couillard. La transaction elle-même, certains pourraient dire qu’elle n’est pas très importante dans l’absolu, mais en termes de relations avec nos voisins et d’utilisation de notre hydroélectricité, l’importance dépasse beaucoup le nombre de mégawatts dont il est question.»

La plus petite province du Canada tire le tiers de son énergie des éoliennes et vise à combler l’écart avec de «l’énergie verte» comme l’hydroélectricité, a indiqué le premier ministre Ghiz, qui quittera bientôt ses fonctions.

«À l’heure actuelle à l’Île-du-Prince-Édouard, 30 % de notre électricité vient du vent. Alors si on peut avoir de l’hydroélectricité avec ça, on pourrait se diriger vers une énergie 100 % renouvelable», a-t-il affirmé.

Après l’entente d’échange conclue récemment avec l’Ontario touchant les périodes de pointe, le premier ministre Couillard aimerait bien hausser les activités d’Hydro-Québec dans les Maritimes, un marché convoité par Terre-Neuve-et-Labrador.

Selon M. Couillard, le temps joue en faveur du Québec sur cette question.

«Il y a le facteur temps: vous savez que le projet de Terre-Neuve-et-Labrador [Churchill Falls] a besoin de quelques années pour se réaliser et il y également le prix. Je pense qu’on est capable d’offrir des conditions très compétitives en termes de garantie d’approvisionnement et en termes de prix», a-t-il dit.

Le premier ministre Ghiz entend se prêter au jeu de la concurrence, mais croit qu’Hydro-Québec est en mesure de tirer son épingle du jeu, ne serait-ce qu’en raison de ses surplus.

«Nous sommes des clients. Je vais demander au Québec et peut-être à Terre-Neuve et au Nouveau-Brunswick de nous faire des offres au meilleur coût, mais on sait qu’Hydro-Québec a beaucoup d’électricité et que c’est une énergie verte», a-t-il dit.