Le projet est suspendu

Un champ à Bécancour
Photo: Gilles Douaire / CC Un champ à Bécancour

Trois mois après avoir repoussé l’échéancier de l’usine de production d’urée à Bécancour, la coopérative indienne IFFCO et la Coop fédérée ont décidé de mettre leur projet en veilleuse pour une période indéterminée.

Puisque les coûts estimés sont passés de 1,2 milliard à plus de 2 milliards, les deux coopératives ont indiqué mardi qu’elles voulaient dénicher de nouveaux partenaires pour compléter le montage financier. « Ce n’est pas un abandon, mais un repli nécessaire à ce projet, a indiqué un porte-parole d’IFFCO Canada, Yvan Martin. Les actionnaires veulent se donner des conditions optimales pour le réaliser. »

Au cours d’un entretien téléphonique, M. Martin n’est pas entré dans les détails des éléments qui font grimper les coûts, affirmant qu’il s’agissait d’une tendance observée en Amérique du Nord pour des projets similaires. « Compte tenu de l’abondance énergétique en Amérique du Nord, plusieurs projets lèvent, ce qui met une pression à la hausse sur les coûts pour les réaliser », a-t-il dit.

Le porte-parole de la coopérative indienne n’a pas fourni d’échéancier précis quant à une éventuelle mise en service de l’usine d’engrais, mais a précisé que tous les actionnaires avaient entériné la suspension indéterminée. Cette décision met ainsi un frein à la préparation des plans et devis ainsi qu’à la signature d’un contrat pour l’ingénierie, l’approvisionnement et la construction des installations.

En septembre dernier, les dirigeants de la coopérative indienne avaient indiqué qu’ils retardaient la mise en service de l’usine en 2018 plutôt qu’en 2017.

Annoncée par le gouvernement péquiste à l’automne 2012, la construction devait initialement débuter en 2014, ce qui devait générer entre 1000 et 1500 emplois. L’exploitation des installations devait fournir du travail à environ 250 personnes. « Ça demeure le scénario sur lequel nous travaillons », a dit le porte-parole d’IFFCO.

Investissement Québec — qui a investi 5 millions dans le projet pour une étude de préfaisabilité — n’a pas l’intention de se départir de sa participation. « Nous sommes un investisseur patient », a expliqué sa porte-parole, Chantal Corbeil.