Discrètement, les banquiers tentent de faire reculer Québec sur la hausse de taxe

Carlos Leitão a annoncé une hausse temporaire de la taxe sur la masse salariale des banques et institutions financières lors de sa mise à jour économique d’octobre.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Carlos Leitão a annoncé une hausse temporaire de la taxe sur la masse salariale des banques et institutions financières lors de sa mise à jour économique d’octobre.

Discrète dans ses commentaires sur la nouvelle hausse de taxe imposée aux institutions financières, l’Association des banquiers canadiens (ABC) s’active en coulisses pour tenter de faire reculer le gouvernement Couillard.

L’organisme qui représente une soixantaine de membres vient tout juste de modifier son inscription en ce sens au Registre des lobbyistes du Québec, a pu constater La Presse canadienne.

Par le biais de représentations auprès de l’Assemblée nationale et du ministère des Finances, l’Association souhaite faire « éliminer la hausse temporaire sur la surtaxe temporaire imposée sur les salaires payés par les banques et autres institutions financières. Cette augmentation à la surtaxe temporaire sur les salaires payés par les banques demeure une taxe sur les emplois […] bancaires au Québec, et, donc, sur la création d’emplois dans la province », souligne l’inscription.

La mise à jour économique présentée le 2 décembre dernier prévoit entre autres que cette taxe temporaire sur la masse salariale passerait de 2,2 % à 3,52 %. Cela s’ajoute à la contribution rehaussée en 2012 par le gouvernement Marois et qui avait auparavant été instaurée par le gouvernement Charest en 2010. Le ministre des Finances, Carlos Leitão, estimait que l’augmentation de la surtaxe temporaire devrait rapporter 42 millions en 2014-2015, 125 millions en 2015-2016 et 129 millions pour l’exercice 2016-2017.

Le démarchage se ferait entre autres par le biais de « rencontres, communications écrites et appels téléphoniques », est-il écrit dans les inscriptions, qui viennent à échéance le 31 décembre 2015. Deux personnes sont inscrites comme lobbyistes pour l’organisme. Il s’agit de son président, Terry Campbell, ainsi que de son directeur général pour la direction du Québec, Éric Prud’homme.

Questionnée sur la modification de son inscription au Registre des lobbyistes, l’ABC a refusé de commenter, affirmant qu’elle n’accordait pas d’entrevue à ce sujet. Elle s’est contentée de renvoyer sa déclaration publiée à la suite du dépôt de la mise à jour économique, qui indique que l’organisme doit « d’abord étudier les mesures fiscales […] afin d’en comprendre pleinement les conséquences ».

L’ABC rappelle que les banques emploient plus de 45 880 personnes au Québec et qu’un « secteur bancaire solide et stable est important pour l’économie québécoise. Nous croyons que les impôts sur les sociétés doivent être neutres dans leur portée et ne pas viser un secteur plutôt qu’un autre », estime l’organisme dans sa déclaration du début du mois.

Le Mouvement Desjardins a déjà fait savoir que le contenu de la mise à jour économique du ministre Leitão entraînerait des dépenses supplémentaires de plus de 50 millions par année — dont 32 millions pour l’augmentation de la taxe temporaire sur la masse salariale. Puisque cela affectera sa rentabilité, la coopérative établie à Lévis n’écarte pas la possibilité de réviser à la baisse le montant des ristournes versées aux épargnants.

Jusqu’ici la Banque Nationale n’a pas voulu faire de commentaires sur les nouvelles mesures, alors que la Banque Laurentienne a déjà fait savoir qu’elle n’avait pas chiffré leur impact.

4 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 décembre 2014 09 h 02

    Voir

    Allons-nous voir dans nos rues ces banquiers taper sur des casseroles au côté des profs, infirmières et tous ces autres surtaxés ? Ce serait l'évènement de tous les siècles.

    PL

    • Claude Lemaire - Inscrit 19 décembre 2014 00 h 51

      @ Pierre,

      Pas besoin.... Ils ont un tas de valets chroniqueurs, de faiseurs d'opinions et de firmes de relations publiques sous la main....

  • Leclerc Éric - Inscrit 17 décembre 2014 09 h 24

    Laiteo ne doit pas reculer là-dessus

    Une minime taxe «temporaire» par rapport à des profits de plusieurs centaines de millions, voir des milliards dans certains cas - souvent déposés dans des paradis fiscaux -, c'est du "gravy" pour ces banquiers!

  • Claude Lemaire - Inscrit 18 décembre 2014 16 h 40

    Des Paris ????

    On peut oublier cette taxe hérétique...

    Il faut penser à votre réélection M. Couillard, même si 4 ans cela semble loin...

    Les tisamis sont pas contents....