L’endettement des Canadiens atteint un nouveau sommet

Les ménages canadiens ont emprunté 27,4 milliards au troisième trimestre, principalement sous forme d’emprunts hypothécaires.
Photo: Thinkstock Les ménages canadiens ont emprunté 27,4 milliards au troisième trimestre, principalement sous forme d’emprunts hypothécaires.

Les Canadiens ont poussé leur endettement à un nouveau record au troisième trimestre, leur dette augmentant plus rapidement que leur revenu disponible. Mais étant donné la faiblesse des taux d’intérêt, le service de la dette ne représente toujours pas un fardeau.

Les ménages canadiens ont emprunté 27,4 milliards au troisième trimestre, principalement sous forme d’emprunts hypothécaires. Statistique Canada a ainsi calculé que la dette totale atteignait 1805 milliards à la fin de septembre, en hausse de 1,5 %. La dette sur le marché du crédit à la consommation a augmenté de 0,9 %, à 515 milliards alors que la dette hypothécaire a crû de 1,8 %, à 1171 milliards.

L’agence fédérale a ajouté que le revenu disponible a augmenté à un rythme plus lent. « Par conséquent, le niveau d’endettement des ménages […] a atteint 162,6 % au troisième trimestre par rapport à un ratio révisé de 161,5 % au trimestre précédent », peut-on lire dans les Comptes du bilan national.

« Le ratio d’endettement demeure donc à un niveau extrêmement élevé d’un point de vue historique », a mis en exergue Benoit P. Durocher. L’économiste principal au Mouvement Desjardins a ajouté que « pour l’instant, cette situation ne cause pas trop de problèmes. En dépit d’un niveau de dette très élevé, le maintien des taux d’intérêt très bas fait en sorte que les intérêts versés sur les emprunts hypothécaires et non hypothécaires n’ont jamais été aussi faibles par rapport au revenu disponible en 25 ans. »

Statistique Canada a confirmé. « Le ratio du service de la dette des ménages […] a légèrement diminué pour s’établir à 6,8 % [du revenu disponible] au troisième trimestre, atteignant ainsi un creux historique. »

Valeur nette

Dans la foulée, la valeur nette des ménages a progressé de 1,3 % au troisième trimestre, s’ajoutant à l’augmentation de 2,2 % du trimestre précédent. Ce faisant par habitant, cette valeur nette se chiffrait à 232 200 $ à la fin de septembre.

Dans sa plus récente lecture de la conjoncture de l’économie, la Banque du Canada a rappelé son inquiétude devant le niveau élevé de l’endettement des ménages. Prévoyant toutefois une fin heureuse, la banque centrale a évoqué une surévaluation du marché résidentiel et répété que ce niveau d’endettement pouvait constituer le principal risque pesant sur le système financier. Elle a notamment fait ressortir que la proportion des ménages fortement endettés (dette supérieure à 250 % du revenu disponible) a presque doublé depuis 2000, à 12 %, ce groupe détenant à lui seul plus de 40 % de l’ensemble de la dette des ménages.

4 commentaires
  • Diane Veilleux - Inscrite 16 décembre 2014 10 h 36

    Quand on considère mon hypothèque de 75 000 $ d'une propriété dont la valeur marchande est de 400 000 à 450 000 $ j'ai un peu de difficulté à prendre au sérieux l'alarmisme de ces dits experts.

  • Diane Veilleux - Inscrite 16 décembre 2014 10 h 37

    Quand on considère mon hypothèque de 75 000 $ d'une propriété dont la valeur marchande est de 400 000 à 450 000 $ comme une dette j'ai un peu de difficulté à prendre au sérieux l'alarmisme de ces dits experts. D'autant plus que d'une façon ou d'une autre je n'ai d'autre choix que de me loger.

    • Ronald Houde - Abonné 17 décembre 2014 07 h 15

      Je suis súr que la Banque du Canada aimerait que bien plus de ménages soient dans votre situation. Ce n'est malheureusement pas le cas.

  • Leclerc Éric - Inscrit 16 décembre 2014 21 h 46

    Avec l'austérité imposée par le gouvernement Couillard

    L'endettement des québécois pourrait dépasser les 200% à la fin de 2015.

    Une autre mauvaise nouvelle, les emplois à moins de 40 heures semaines sont de plus en plus nombreux et les hausses de tarifs réduisent le pouvoir d'achat... surtout au salaire minimum. Donc davantage de ménages à revenus modestes l'an prochain.