Cossette passe à des intérêts chinois

La présidente de Vision7 et de Cossette, Mélanie Dunn, a affirmé par voie de communiqué que ce partenariat est un <em>«potentiel de croissance extraordinaire»</em>.
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir La présidente de Vision7 et de Cossette, Mélanie Dunn, a affirmé par voie de communiqué que ce partenariat est un «potentiel de croissance extraordinaire».

Quand le patron de l’agence chinoise BlueFocus, Oscar Zhao, a dit au Financial Times de Londres en avril qu’il dépenserait 300 millions pour acheter des entreprises à l’étranger, qui aurait cru que Cossette ferait partie du lot ?

Un mois après la circulation d’informations indiquant que Cossette passerait à des intérêts chinois, l’entreprise québécoise a confirmé hier que l’union aurait bel et bien lieu parce que BlueFocus est « le partenaire idéal » pour prendre de l’expansion hors Canada.

De manière concrète, BlueFocus a acheté la participation majoritaire de 51 % qu’un fonds américain, Mill Road, détenait dans Vision7, la société mère de Cossette. Mill Road cherchait un acheteur depuis sept mois. Les détails n’ont pas été publiés, mais un site spécialisé, Strategy, a chiffré la transaction à 210 millions $US.

Dans la participation minoritaire figurent encore des dirigeants de Cossette, a indiqué Vision7. De plus, la haute direction demeure en place, dont la présidente de Vision7 et de Cossette, Mélanie Dunn.

« On va fonctionner de la même façon », a dit Mme Dunn en entrevue téléphonique. « Par contre, il va y avoir des investissements dans notre offre de service et notre développement dans différentes régions. »

Cossette, qui n’est plus inscrite en Bourse depuis 2009, compte environ 800 employés au Canada et 300 autres aux États-Unis et au Royaume-Uni. De son côté, BlueFocus, qui en compte 3500, a un chiffre d’affaires de 900 millions et une valeur boursière d’environ 3,9 milliards $US.

Mme Dunn a affirmé que « lors du processus de vente, BlueFocus nous est apparu comme le partenaire idéal et le plus étroitement aligné avec nos plans de croissance pour Cossette en Amérique du Nord et Citizen Relations à l’international ». De plus, le changement renforcera le savoir-faire de Cossette dans « les communications numériques, le marketing relationnel et la téléphonie mobile ».

« Je ne suis pas étonné. Les Chinois diversifient leurs investissements à l’étranger, ce qui est une suite logique de l’évolution de leur économie, que ce soit dans la publicité, les communications, l’industrie, l’énergie, etc. Ils sont dans tous les domaines, et pas seulement en Amérique du Nord », a dit Frank Pons, professeur au Département de marketing de l’Université Laval.

D’autant plus, a dit M. Pons, qu’il « y a eu énormément de concentration dans l’industrie de la publicité ». En contrepartie, Cossette va bénéficier d’un « accès plus international ».

Cossette connaît déjà la Chine, où elle a mis le pied au milieu des années 2000.

« À New York et à Londres, nous avons commencé par le volet publicité. En Chine, c’est le volet identité de marque qui s’est imposé », a dit en 2007 un vice-président, Georges Morin, lors d’une entrevue au journal Les Affaires. « Certains de nos clients voulaient adapter leur image de marque aux caractéristiques de la culture chinoise. Il y a des limites à ce que nous pouvons faire depuis nos bureaux de Vancouver. L’ouverture de notre bureau à Shanghai venait combler un manque. »

Quand Mill Road a acquis la participation dans Cossette en 2009 pour 135 millions, c’était dans le cadre d’une opération visant à retirer l’entreprise de la Bourse de Toronto.

Peu avant, deux groupes s’étaient disputé le contrôle de Cossette, soit celui du président de l’époque, Claude Lessard (Vision7) et un autre (Groupe Cosmos) dirigé par M. Morin et François Duffar.

M. Lessard et un autre cofondateur, Claude Delagrave, seront maintenant consultants.

En 2010, le magazine Infopresse avait interviewé en M. Lessard et écrit que les dirigeants de Cossette détenaient 45 % de la nouvelle société. Lundi, la direction de Cossette ne souhaitait pas discuter des niveaux de participation.

« Je ne suis pas étonné. Les Chinois diversifient leurs investissements à l’étranger, ce qui est une suite logique de l’évolution de leur économie, que ce soit dans la publicité, les communications, l’industrie, l’énergie, etc. Ils sont dans tous les  domaines, et pas seulement en Amérique du Nord.»