Plus grand écart entre riches et pauvres depuis 30 ans

L’impact négatif des inégalités sur la croissance serait dû au fossé qui sépare les 40 % de foyers aux revenus plus modestes du reste de la population.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’impact négatif des inégalités sur la croissance serait dû au fossé qui sépare les 40 % de foyers aux revenus plus modestes du reste de la population.

Paris — Les inégalités entre riches et pauvres n’ont jamais été aussi fortes dans les pays de l’OCDE en 30 ans et leur coûtent des points de croissance, affirme un rapport paru mardi.

Dans ces pays, « le revenu des 10 % de la population les plus riches est 9,5 fois plus élevé que celui des 10 % les plus pauvres ». Dans les années 1980, les plus riches gagnaient au maximum sept fois le revenu des plus pauvres. Les aggravations d’inégalités affectent la croissance, selon l’Organisation de Coopération et de Développement économiques. « Le creusement des inégalités a coûté plus de 10 points de croissance au Mexique et à la Nouvelle-Zélande », près de 9 au Royaume-Uni, à la Finlande et à la Norvège et de 6 à 7 points aux États-Unis, à l’Italie et la Suède. En revanche, une « situation plus égalitaire avant la crise » a participé à l’augmentation du PIB par habitant en Espagne, en France et en Irlande.

L’impact négatif des inégalités sur la croissance serait dû au fossé qui sépare les 40 % de foyers aux revenus plus modestes du reste de la population. Cet écart est renforcé par un investissement insuffisant de ces familles dans l’éducation qui limite les possibilités d’instruction de leurs enfants ainsi que la mobilité sociale et le développement des compétences.

L’organisation souligne que la lutte « contre les inégalités par les impôts et les transferts ne nuit pas à la croissance ». Les pouvoirs publics doivent cibler leurs politiques d’aide vers ces 40 % de familles les plus défavorisées.