Pangea défend son modèle agricole

La semaine dernière, un lobbyiste s’est inscrit au registre pour représenter Pangea au sein du gouvernement et réclamer qu’on ne touche pas à la réglementation actuelle.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La semaine dernière, un lobbyiste s’est inscrit au registre pour représenter Pangea au sein du gouvernement et réclamer qu’on ne touche pas à la réglementation actuelle.

En réponse aux critiques de l’Union des producteurs agricoles (UPA), l’entreprise Pangea affirme qu’elle a beaucoup à apporter au monde agricole québécois. Par contre, sa percée au Saguenay–Lac-Saint-Jean est bel et bien terminée.

« Les gens nous voient comme un fonds d’investissement. Ce n’est pas ce que nous sommes. Nous sommes une société agricole. Nous sommes là pour le long terme », a plaidé le cofondateur de la compagnie, Serge Fortin, en entrevue au Devoir mardi.

Le ton monte dans ce dossier qui fait des vagues en région depuis des mois. Lundi, l’UPA a demandé au gouvernement d’imposer un moratoire aux transactions sur le marché agricole pour empêcher des sociétés comme Pangea de trop bouleverser le milieu.

La semaine dernière, un lobbyiste s’est inscrit au registre pour représenter l’entreprise au sein du gouvernement et réclamer qu’on ne touche pas à la réglementation actuelle.

Cofondée par M. Fortin et l’homme d’affaires Charles Sirois, Pangea a acheté de nombreuses terres depuis 2012 pour les regrouper et investir dans des productions céréalières de grande taille. L’UPA lui reproche de faire grimper les prix à tel point que les terres deviennent inaccessibles aux petits producteurs locaux de la relève notamment.

Ce n’est pas parce que c’est différent que c’est nécessairement mauvais, rétorque en substance M. Fortin. « On n’a pas connu beaucoup de modèles au Québec. On a connu la ferme familiale plus petite. On a connu le régime des intégrateurs dans le porc et dans le boeuf. Je pense que Pangea amène un nouveau modèle », explique-t-il.

À ceux qui lui reprochent de nuire aux agriculteurs locaux et particulièrement à la relève, M. Fortin rétorque qu’au contraire il en fait ses partenaires. La formule est simple, Pangea s’associe à un agriculteur en manque de liquidités ou endetté, devient copropriétaire de sa terre, puis achète des terrains voisins pour en doubler, en tripler ou en quadrupler la taille.

Si l’agriculteur faisait au départ autre chose que des céréales (de la production laitière par exemple), il peut maintenir ses activités sur la terre de départ, mais les nouvelles sont toutes consacrées aux céréales. « Ces gens-là gardent leurs terres. On laisse le leadership à l’entrepreneur, insiste M. Fortin. On cherche des entrepreneurs qui restent sur leurs terres », ajoute-t-il.

Actuellement, la société exploite trois productions au Saguenay–Lac-Saint-Jean, une dans Lanaudière, une en Estrie et une en Ontario. Un autre projet est en développement dans Kamouraska, mais il suscite déjà de la grogne.

C’est au Saguenay–Lac-Saint-Jean que Pangea a le plus été critiquée, mais ses projets dans cette région sont terminés. Selon M. Fortin, ce n’est pas à cause de la controverse, mais parce que l’entreprise ne veut pas mettre « tous ses oeufs dans le même panier ».

Il ne faudrait pas non plus que toute sa production soit à la merci de la météo d’un seul secteur, ajoute-t-il. Par contre, l’expansion de la compagnie n’est pas terminée et d’autres acquisitions devraient s’ajouter ailleurs.