Le risque de déflation augmente tandis que l’inflation ralentit

Bruxelles — L’inflation est tombée à 0,3 % en novembre dans la zone euro contre 0,4 % en octobre, un chiffre qui rapproche inexorablement la zone euro de la déflation et devrait peser sur les choix de politique monétaire de la BCE, estiment les économistes.

L’inflation hors énergie, alimentation, boissons alcoolisées et tabac est stable par rapport à octobre à 0,7 %.

L’inflation retrouve un niveau qu’elle n’avait plus atteint depuis octobre 2009. Elle met une pression supplémentaire sur le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, pour qu’il annonce des mesures supplémentaires de relance de l’économie. D’autant que le chômage, à 11,5 % en octobre, reste à ce niveau « pour le cinquième mois consécutif », souligne Jonathan Loynes, de Capital Economics.

La BCE tiendra sa réunion mensuelle de politique monétaire jeudi. Certains économistes, comme Neville Hill, de Credit Suisse, pensent qu’elle pourrait en profiter pour annoncer des mesures de quantitative easing, un assouplissement monétaire se concrétisant par un achat de dettes souveraines, un pas très attendu par les marchés mais qu’elle n’a pas franchi jusqu’ici.

Les derniers chiffres « fournissent à la BCE une nouvelle incitation à agir pour améliorer la reprise et s’attaquer à la menace de déflation », estime aussi Jonathan Loynes, mais lui ne croit pas à des annonces en ce sens avant janvier.

Même si les chiffres « font monter la pression sur la BCE pour qu’elle prenne des mesures le plus tôt possible afin de stimuler l’économie », il est probable que « toute nouvelle initiative importante n’aura pas lieu avant les premiers mois de 2015 », juge de son côté Howard Archer, d’IHS Global Insight.

Neville Hill pense que l’inflation va flirter avec le zéro le mois prochain, sous l’effet de la baisse des prix énergétiques. Jonathan Loynes s’attend même à ce qu’elle « passe en-dessous de zéro, au moins brièvement, au cours des six prochains mois ».

En Allemagne, elle a déjà atteint son niveau le plus bas en près de cinq ans en novembre, à 0,6 %, selon une première estimation jeudi de l’Office fédérale des statistiques Destatis. Et d’autres pays de l’Union monétaire sont en déflation : en Espagne, les prix ont baissé de 0,5 % en novembre, soit leur cinquième mois consécutif de baisse, selon un chiffre provisoire également publié jeudi par l’Institut national de la statistique espagnol. Les prix ont également évolué de façon négative en Belgique (-0,1 %).

Le chômage stable à 11,5 %

Le chômage est resté stable en octobre dans la zone euro par rapport à septembre, à 11,5 %, a annoncé vendredi l’office européen de statistiques Eurostat. Il y avait 18,39 millions de chômeurs en octobre dans la zone euro. Sur un an, le taux de chômage enregistre une légère baisse : il était de 11,9 % en octobre 2013.

Ces chiffres masquent d’importantes disparités. L’Allemagne et l’Autriche restent les deux pays de la zone euro où le chômage est le plus faible, avec des taux respectifs de 4,9 % et 5,1 %, au même niveau que le mois précédent. À l’autre bout du tableau, la Grèce conserve le record du taux de chômage le plus élevé, à 25,9 % en août, date des dernières données disponibles, suivie par l’Espagne avec un taux à 24 % pour le deuxième mois consécutif. Sur un an, l’Espagne et le Portugal, également durement frappés par la crise, affichent toutefois une embellie : le chômage est passé en Espagne de 26 % à 24 % et au Portugal de 15,6 % à 13,4 %. En revanche, la situation s’est dégradée en Italie, où le chômage est passé de 12,3 % en octobre 2013 à 13,2 %, et en Finlande, avec une hausse de 8,3 % à 8,9 %.

Dans l’ensemble de l’Union européenne, le chômage touchait en octobre 24,41 millions de personnes, soit un taux de 10 % (stable).