La croissance est trop dépendante de l’endettement des ménages

La croissance reste encore trop tributaire des dépenses de consommation et des investissements dans l’immobilier, juge le Fonds.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Archives La croissance reste encore trop tributaire des dépenses de consommation et des investissements dans l’immobilier, juge le Fonds.

Ottawa — La croissance du PIB canadien a été solide au Canada en 2014, avec une hausse prévue de 2,25 % sur l’année, mais elle demeure encore trop dépendante de l’endettement des ménages, estimait mercredi le Fonds monétaire international (FMI).

Au terme de sa visite annuelle au Canada, le Fonds juge dans un rapport que l’économie canadienne a enregistré « une performance plutôt bonne » en 2014 avec une accélération de sa croissance et un taux de chômage qui a atteint en octobre un taux de 6,5 %, pour la première fois en six ans.

Cependant, « la consommation privée et l’endettement des ménages, élevé bien que stable, reste un important facteur de croissance », remarque le FMI. Le ratio entre dettes et revenus disponibles est supérieur à 150 %, comme c’est le cas depuis 2013, observent ainsi les économistes de l’institution de Washington.

Si les exportations sont bien reparties à la hausse en 2014, la croissance reste encore trop tributaire des dépenses de consommation et des investissements dans l’immobilier, juge le Fonds.

 

Atterrissage en douceur

Toutefois, l’accélération de la reprise américaine dans les prochains mois devrait soutenir la croissance canadienne, tandis que, dans un même temps, la hausse des taux d’intérêts à long terme et le repli des cours du pétrole au Canada devraient « modérer la consommation privée et les investissements dans l’immobilier », ajoute l’organisation internationale, entrevoyant même un « atterrissage en douceur dans l’immobilier » après des mois de forte hausse.

Pour le FMI, la banque centrale peut encore « attendre des signes [de reprise] plus forts », et notamment des investissements des entreprises plus prononcés, avant d’envisager une hausse de son taux directeur, maintenu à 1 % depuis septembre 2010.

De son côté, l’Organisation de coopération et de céveloppement économiques (OCDE) a estimé dans un autre rapport publié mardi qu’un tel relèvement pourrait survenir au milieu de 2015 « afin de contrer les pressions inflationnistes ».

L’OCDE juge également que la hausse du PIB devrait s’accélérer en 2015, portée par les exportations et les investissements des entreprises, mais prévient que « l’activité devrait ralentir en 2016 alors que les taux d’intérêt repartiront à la hausse et que la consommation des ménages ralentira ».